L'Etat est de retour dans les grands choix stratégiques économiques de la nation. Nicolas Sarkozy défend cette position avec le lancement du grand emprunt. Du moins pour l'instant sur le papier.

La commission de réflexion sur le grand emprunt, présidée par deux anciens Premiers ministres, l'UMP Alain Juppé et le socialiste Michel Rocard, a été lancée ce matin, mercredi 26 août, par Nicolas Sarkozy à l'Elysée. La commission devra rendrr ses propositions avant novembre et le lancement du grand emprunt national n'interviendra pas avant début 2010. Il doit permettre de financer des projets stratégiques répondant à trois défis majeurs" selon le président de la République: "l'économie de la connaissance", la "compétitivité des entreprises" et "les équipements industriels innovants.

"Le renforcement des entreprises innovantes et exportatrices, et en particulier de leurs fonds propres, est plus stratégique que jamais au moment où elles émergent d'une crise exceptionnelle", a-t-il poursuivi. "Comment avons-nous pu en quelques années laisser baisser d'un quart notre part des exportations européennes ?", s'est-il interrogé.

"Un emprunt pas comme les autres"

Au-delà des grandes intentions qui viennent d'être fixées par le Président, la commission ad hoc sera chargée de définir les modalités du grand emprunt.

"Le montant de l'emprunt national dépendra des besoins que vous allez identifier et de la capacité d'endettement que nous aurons,", a adressé le chef de l'Etat à la commission. Il a ainsi demandé à la commission de définir les "quelques domaines majeurs" à retenir parmi "l'énergie solaire, les énergies marine, la fibre optique, les nanotechnologies, le stockage de l'énergie électrique, les biotechnologies".

Le grand emprunt dont l'intérêt économique a été contesté par de nombreux économistes, fera appel à l'épargne des français et aux marchés financiers. Il viendra gonfler la dette publique, déjà propulsée à des sommets. Selon les prévisions du ministère des Finances, la dette devrait atteindre 77% du PIB d'ici à la fin de l'année. Mais l'ancien Premier ministre, Alain Juppé qui co-préside cette commission, a assuré sur RTL que cet emprunt "ne sera pas un emprunt comme les autres" car il devra avant tout servir à "enrichir la nation".

Soulignant que "la France est déjà très endettée" et que "le niveau de la dépense publique est très élevée, aux alentours de 54% par rapport à la richesse nationale ce qui est une sorte de record mondial", Alain Juppé a expliqué "qu'il ne s'agira certainement pas de financer des dépenses de fonctionnement courantes, des dépenses récurrentes qui se reproduiraient année après année, il faut choisir des choses exceptionnelles qui soient génératrices de progrès et de croissance", a ajouté le maire de Bordeaux citant par exemple "le vaste domaine de l'économie numérique".