La candidature du Jean Sarkozy (23 ans) à l'Epad, l'Etablissement public d'aménagement du quartier d'affaires de La Défense, entraîne des réactions virulentes dans le monde politique. Mais, l'UMP fait bloc derrière sa candidature.
Le Premier ministre François Fillon a estimé mardi sur RTL qu'il n'y avait "pas lieu" de faire une "polémique" de la probable future élection de Jean Sarkozy, le fils cadet du président de la République, à la tête de l'Etablissement public de la Défense (Epad). "On est en train de parler de la présidence du conseil d'administration d'un établissement public qui, par ailleurs, est dirigé par un directeur général qui a tous les pouvoirs exécutifs. Et ce président il est élu et pas nommé. Il est choisi par les élus du Conseil général des Hauts-de-Seine", a-t-il expliqué.
"Jean Sarkozy a été élu, d'abord par les électeurs des Hauts-de-Seine, et ensuite par ses pairs, pour devenir le chef de la majorité du Conseil général des Hauts-de-Seine. Et maintenant, il est désigné (par cette collectivité) pour prendre la présidence de l'Epad", a-t-il rappelé. "C'est une élection, c'est une compétition, et il n'y a pas lieu d'en faire une polémique", a estimé M. Fillon.
Dans un entretien au Parisien, Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, fait valoir que "le début du parcours de Jean Sarkozy est dû à une seule chose : l'élection. "Il n'y a rien de plus noble que la confiance des électeurs. Voilà sa légitimité et, aujourd'hui, il veut se consacrer à fond à son département", ajoute M. Bertrand.
Lundi, une pétition en ligne avait déjà recueilli plus de 8.000 signatures s'opposant à la nomination du fils cadet du Président. Aux yeux de ses détracteurs, Jean Sarkozy cumule de nombreuses points négatifs. Il est d'abord "fils de" et bénéfice d'emblée de nombreux soutiens à l'Epad et dans les communes avoisinantes, fief de l'UMP. Il est ensuite inexpérimenté et trop jeune, pour l'opposition.
Sur France Inter, l'ancien premier ministre socialiste, Laurent Fabius, grinçant, a expliqué que "pour le plus grand quartier d'affaires d'Europe (...) on a besoin de quelqu'un qui soit un très bon juriste, or M. Sarkozy est en deuxième année de droit, c'est déjà un élément très, très fort." Marine Le Pen, vice-présidente du Front national (FN), a estimé que "Nicolas Sarkozy prend la France pour une République bananière".
Une route traçée...
Le grand quartier d'affaires de l'Ouest de Paris qui accueille plus de 2.500 sièges sociaux dont de très grandes entreprises françaises et 1.500 salariés va élire son futur président le 4 décembre, en remplacement de Patrick Devedjian (ministre de la Relance) qui a atteint la limite d'âge de 65 ans. L'un des deux administrateurs de l'Epad issus du conseil général des Hauts-de-Seine, le conseiller général NC Hervé Marseille, a indiqué à l'AFP qu'il démissionnerait de son poste à l'Epad pour permettre ainsi à Jean Sarkozy d'entrer au conseil d'administration de l'établissement, puis d'en briguer la présidence.
Depuis 50 ans, l'Epad a pour rôle d'aménager et d'urbaniser les 160 hectares du quartier d'affaires compris dans une "opération d'intérêt national" (OIN). Situé principalement sur les communes de Puteaux et Courbevoie, le quartier comprend 3 millions de m2 de bureaux sur un territoire très dense. Mais il ne peut plus s'étendre, sauf sur Nanterre commune voisine du quartier d'affaires qui dispose encore de terrains à construire.
Projets d'agrandissements
Des décrets sont actuellement à l'étude pour fusionner l'Epad avec l'Etablissement public d'aménagement Seine-Arche (Epasa), chargé d'urbaniser une partie de la ville de Nanterre . Le maire communiste de cette ville, Patrick Jarry, a dénoncé à plusieurs reprises ce projet car il craint de ne plus maîtriser son territoire et de voir La Défense s'étendre sur sa commune.
Autre enjeu, le "plan de renouveau" de La Défense lancé en 2006 par Nicolas Sarkozy, alors président de l'Epad, prévoit la construction d'ici 2015 de 450.000 m2 de bureaux supplémentaires, dont 150.000 issus de démolitions-reconstructions.



















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