Jean Sarkozy, candidat quasi-assuré à la présidence de l'Epad, l'organisme chargé du développement de la Défense, le quartier d'affaires parisien, compte ses ennemis et ses amis. Nicolas Sarkozy a apporté son soutien à son fils, en marge de la présentation de la réforme du lycée visant à renforcer l'orientation des jeunes. "Tout ce qui donne en pâture une personne, sans fondement, de façon excessive, ce n'est jamais bien", s'est-il insurgé.

Le fils du chef de l'Etat, Jean Sarkoy a défendu mardi lui même sa propre légitimité à exercer cette fonction. Dans une interview au Parisien.fr, il a déclaré: "quoi que je dise, quoi que je fasse, je serai critiqué". Sarkozy relève que "depuis qu'(il s'est) lancé en politique, (il a) toujours fait l'objet de critiques". "Quand on fait ce métier, il faut s'y attendre, s'y préparer. Mais je suis très déterminé, très motivé et j'observe que c'est surtout la gauche qui tire sur moi. Ce sont des attaques très partiales".

Comme on lui demande s'il a discuté de ce poste à la tête de l'Epad avec son père, il réplique: "Il est évident que j'ai informé ceux qui me sont proches, c'est normal. Cela dit, je trace ma route"

L'EPAPAD

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a jugé mardi "formidable que quelqu'un de jeune et d'engagé" comme Jean Sarkozy puisse être candidat à l'Epad, fustigeant la polémique créée autour du fils du président de la République.

"Pour autant que je sache, Jean Sarkozy a été élu au suffrage universel, et à ce titre, il peut postuler à être administrateur voire président de l'Epad", a-t-elle souligné. "Je n'ai pas aimé certaines réflexions très ironiques sur son niveau de diplôme et sa jeunesse. Avec des principes comme ça, je ne suis pas sûre qu'on favorise le brassage et le renouvellement", a ajouté Mme Parisot. "Moi je trouve tout à fait intéressant qu'il soit candidat et je serai intéressée de connaître son projet quand il en aura un", a souligné la présidente du Medef, s'indignant des rires suscités par ses dernières remarques chez les journalistes présents.

Le gouvernement fait bloc

Pour Jean-François Copé, chef de file des députés UMP à l'Assemblée, "le débat concernant Jean Sarkozy à l'Epad est à la fois excessif et amnésique. Amnésique (...) parce que Jean Sarkozy est légitime : il est conseiller général, élu au suffrage universel, président de sa majorité. (On) ne présente plus Martine Aubry comme la fille de Jacques Delors".

Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, tête de liste UMP pour les élections régionales en Ile-de-France a déclaré à France Info: "Cette élection à la tête de l'Epad est dans la suite naturelle de l'engagement politique de Jean Sarkozy (qui) sera élu par ses pairs, les conseillers généraux des Hauts-de-Seine. Etre élu, c'est suffisant dans la République, c'est une compétition, les candidatures sont ouvertes, le choix est ouvert et tout le monde peut dire à chaque moment non".

Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille, à I-télé a donné son appui à Jean Sarkozy : "On est dans une République, il a été élu, il n'a pas à avoir honte de porter le nom du président de la République. Lui faire un procès, ce serait faire aussi un procès aux concitoyens qui l'ont élu. Il a été élu sur la terre où il vit, n'est pas allé se faire parachuter dans un territoire. Même au sein du gouvernement il y a des ministres qui n'ont pas le bac et qui gèrent de très grandes collectivités avec talent".

Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, a déclaré à l'AFP : "S'il s'était appelé Martin, il aurait eu moins de problème. C'est pas un gamin de 15 ans qui prend un jouet. Il a 23 ans, a été élu (conseiller général des Hauts-de-Seine, NDLR), a une légitimité. Il va être sous observation, regardé de tous les côtés. Maintenant la balle est dans son camp. A lui de faire ses preuves".