Le grand emprunt ne devrait pas être supérieur de 30 milliards d'euros et ne devrait pas concerner les particuliers, estime la commission Juppé-Rocard qui doit remettre son rapport au président de la République le mois prochain.
Dans un entretien au quotidien Les Echos, Michel Rocard explique ce montant par le fait "qu'il faut éviter le saupoudrage" et que, pour ce montant, "le programme d'émission de la dette ne sera pas chamboulé en 2010, il n'y aura pas de changement de perception par les marchés de la qualité de notre signature qui reste la meilleure en Europe avec celle de l'Allemagne".
La commission estime également que faire appel à l'épargne des particuliers serait une mauvaise idée. "Notre sentiment est qu'il faudrait majorer de 1,5% la rémunération des souscripteurs pour être sûr du succès de l'opération auprès du grand public. Ce n'est pas raisonnable, nous préférions un recours traditionnel au marché", explique Michel Rocard.
Dépenses "sacrifiées"
Quatre thématiques d'investissement ont été retenues: la recherche, l'université, le haut débit et la croissance verte. L'ancien Premier ministre justifie le recours à un grand emprunt plutôt qu'à un endettement classique de l'Etat pour financer ces dépenses par le retard pris par la France en matière d'investissement public, des dépenses souvent "sacrifiées".
"On ne touche pas aux salaires des fonctionnaires et c'est logique, l'Etat a du mal à ne pas satisfaire aux demandes du corps médical, des agriculteurs, etc. Les dépenses d'avenir, elles, passent à la trappe. La recherche et l'enseignement supérieure en paient aujourd'hui les conséquences", avance t-il.
Michel Rocard assure que le président reprendra l'essentiel des idées de sa commission alors que pour la contribution climat énergie, le prix de la tonne de CO2 retenu par le gouvernement (17 euros) était très en-deçà des propositions de la commission (32 euros).


















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