Au terme d'une semaine de travaux, la Conférence climat de Copenhague est désormais saisie d'un premier projet d'accord.

Le premier texte officiel mis sur la table vendredi, qui servira désormais de base aux discussions et sera encore âprement négocié entre ministres, puis chefs d'Etat le 18 décembre, prévoit de limiter la hausse de la température moyenne de la planète à 1,5°C ou 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels - sans trancher entre les deux options.

Mais les Etats-Unis ont contesté la partie - cruciale - du document qui porte sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, jugeant qu'il n'impliquait pas suffisamment les grands pays en développement. "En de nombreux points, le texte est constructif (...) mais les Etats-Unis ne considèrent pas la section concernant l'atténuation comme une base de négociation", a estimé Todd Stern, envoyé spécial pour le climat.

"Si nous parlons de contenir le réchauffement en-dessous de 2°C (...) on ne peut pas réellement discuter tant que les principaux pays en développement ne s'apprêtent pas à jouer un vrai rôle". A l'initiative des petits Etats insulaires, particulièrement menacés par la hausse du niveau des océans, une centaine de pays en développement militent pour une limite à 1,5°C.

Sur la question des financements, qui génère les plus grandes frustrations, le document ne s'avance pas sur les montants ou l'architecture. Il ne tranche pas non plus entre contributions volontaires des Etats et prélèvements automatiques. Il inscrit en revanche un mécanisme immédiat (fast start) d'aide aux plus pauvres pour 2010-2012.

Vendredi, à Bruxelles, l'Union européenne a annoncé sur ce point une aide de 7,2 milliards d'euros sur trois ans (2010-2012). Mais le sommet de Bruxelles ne règle pas la question - cruciale pour les pays en développement - du financement de l'aide sur le long terme, évaluée à 100 milliards d'euros par an de 2013 à 2020.

Ce projet intervient avant la grande manifesation prévue samaedi à Copenhague. Au moins 50.000 personnes sont attendues au défilé qui partira du centre-ville pour rallier le Bella Center, site de la conférence, tandis que les quelque 500 ONG qui appellent à manifester escomptent jusqu'à 80.000 participants.