Il l'avait déjà prédit mais devrait cette fois-ci l'inscrire noir sur blanc. François Fillon a annoncé jeudi que la prévision de croissance pour 2010 allait être presque "doublée" à l'occasion de la loi de finances rectificative sur le grand emprunt, présentée la semaine prochaine en Conseil des ministres.

"L'activité repart"

"En ce début d'année, l'activité repart. Je vous annonce que nous allons réviser à la hausse notre taux de croissance à l'occasion de la présentation de la loi de finances sur les investissements d'avenir, la semaine prochaine", a déclaré le chef du gouvernement à l'occasion de ses vœux à la presse.

"Je pense que nous ne serons pas loin de doubler notre dernière prévision officielle qui était de 0,75%", a-t-il ajouté, réaffirmant qu'"on est sorti de la récession".

S'attaquer au déficit

Sur la question des déficits publics, le premier ministre a indiqué qu'il préciserait "dans les prochaines semaines notre stratégie globale de sortie de la zone des déficits excessifs d'ici 2013". Une table ronde sur ce sujet doit se tenir à la fin du mois avec "le parlement, les collectivités locales, les organismes sociaux".

"Cette conférence doit permettre de faire un diagnostic, si possible, partagé. Mais elle devra aussi préparer des mesures concrètes", a ajouté François Fillon.

Réduire les dépenses

"Nous allons continuer de tenir strictement les dépenses de l'Etat: déjà pour 2009, ces dépenses seront finalement légèrement inférieures au plafond qui avait été voté par le Parlement", a-t-il indiqué.

"Pour 2010, nous avons par ailleurs décidé que la charge d'intérêts du programme d'investissement (grand emprunt, ndlr) sera compensée par une réduction équivalente des dépenses de l'Etat", a-t-il renchéri.

La loi de finances actuelle prévoit pour 2010 un déficit public à 8,5% du PIB et table sur 5% en 2013.

Sous la pression de Bruxelles, le gouvernement s'est cependant engagé à passer sous la limite des 3% autorisée par le Pacte de stabilité d'ici trois ans. A la condition cependant qu'une forte croissance soit au rendez-vous.