Marche arrière toute. Martine Aubry est revenue sur ses déclarations de la semaine dernière: hors de question finalement de reculer l'âge légal de départ à la retraite.
"Nous pensons que chaque Français doit continuer à avoir le droit de partir à 60 ans, c'est le cas aujourd'hui, ça doit rester un droit", a-t-elle affirmé sur TF1 mardi 26 janvier.
Un revirement qui fait beaucoup de bruit alors que Nicolas Sarkozy a réaffirmé son intention de réformer le système des retraites cette année.
L'âge minimum pour quitter la vie active n'est pourtant qu'un élément parmi d'autres du débat, même si les Français y sont très attachés. Il n'aura, à lui seul, que peu d'impact sur la situation d'une majorité d'entre eux et sur le problème du financement du système.
61,6 ans en moyenne
Comme l'a rappelé la Première secrétaire du PS, la plupart des Français partent déjà la retraite à 61,6 ans en moyenne
Entre le recul de l'entrée dans la vie active et l'augmentation de la durée de cotisations, rare sont ceux qui peuvent obtenir une pension à taux plein à 60 ans.
Depuis la réforme Fillon de 2003, un salarié du privé affilié au régime général doit avoir au minimum cotisé 41 ans au 1er janvier 2012 pour pouvoir toucher une retraite complète.
Une personne entrée par exemple dans la vie active à 23 ans, qui n'a connu aucune période de chômage ou de congés de maternité, ne pourra toucher une retraite à taux plein qu'à 63 ans.
Conserver un âge légal à 60 ans doit donc permettre, pour le PS, de protéger les salariés qui commencent à travailler dès 16 ans.
Mais concrètement, le départ à cet âge "va devenir de plus en plus virtuel", analyse ainsi Danièle Karniewicz, présidente de la Cnav, interrogée par 20minutes.fr.
Problème du financement
Parmi les trois leviers classiques que le gouvernement peut actionner pour sauver le système, l'augmentation des cotisations et de leur durée auront donc plus d'impact sur les retraites des Français que le recul de l'âge légal.
Cette dernière solution ne peut, en outre, "à elle seule, résoudre le problème du financement des régimes (...), rappelait le sénateur Alain Vasselle dans son rapport de juillet 2009 sur l'état des finances sociales.
"Pour le régime général, le report à soixante-deux ans apporterait 6,6 milliards d'euros en 2020 (sur 13 milliards de besoins), mais seulement 5,7 milliards sur un besoin total de 46 milliards en 2050", précisait-il.
Taux d'emploi des seniors
Car rien ne sert de devoir travailler plus longtemps, encore faut-il le pouvoir. Avec 38,4%, le taux d'emploi des 55-64 ans en France est l'un des plus faibles d'Europe, selon les données Eurostat de 2008.
Plus de 60% des 55-60 ans ne sont ainsi déjà plus dans la vie active aujourd'hui, d'après les derniers chiffres de la Cnav.


















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