On connaissait la méfiance naturelle des Français envers les entreprises. La crise n'a rien modifié, ni en positif, ni en négatif: leur niveau de confiance est toujours aussi bas, à 37%, contre 36% l'année dernière, selon le dernier Baromètre Trust Edelman StrategyOne 2010.
Et les entreprises du secteur public n'échappent pas à cette tendance. EDF, La Poste, GDF Suez ou bien encore la SNCF: toutes subissent la défiance d'une partie de leurs usagers ou clients.
La proximité et le profit
"La confiance en France s'établit selon deux critères: la proximité et le rapport au profit, qui reste quelque chose de très mal vu dans notre pays", analyse Antoine Harary, directeur de StrategyOne.
Si la majorité des personnes interrogées est plutôt méfiante à l'égard des sociétés, 65% d'entres elles accordent toute leur confiance au PME, 40% aux entreprises du secteur public, 37% aux grandes sociétés françaises et seulement 27% à celles internationales.
L'ambivalence du secteur public
"Les Français ont un rapport très ambivalent avec les entreprises du secteur public. Elles ont un lien plus distant avec le profit et leurs sont très proches: ils considèrent qu'elles leurs appartiennent et les connaissent bien. Tout le monde a donc un avis sur La Poste ou la SNCF", explique Antoine Harary.
Parmi les 5 entreprises dans lesquelles les Français ont davantage confiance que l'année dernière, trois appartiennent ainsi au secteur public.
La Poste arrive 2e, ex aequo avec E. Leclerc (26%), devant EDF (24%) et France Télévisions (21%) puis la SNCF (18%).
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Beaucoup plus d'exigences
Mais le problème de ces liens étroits est que si les Français sont plus enclins à aimer les sociétés du secteur public, ils sont aussi beaucoup plus exigeants à leur égard. En clair, elles ont moins le droit à l'erreur que leurs homologues du privé.
Et depuis quelques années, les sujets de discorde ne manquent pas. Toutes ces entreprises sont dans une période de transition avec la fin des monopoles, la nécessité de s'adapter à la concurrence et une plus grande exigence de rentabilité.
"Face à ce mouvement, les personnes interrogées ont plusieurs réactions. Soit elles n'ont pas encore ressenti les effets de cette évolution: par exemple le bureau de Poste de leur village n'a pas fermé. Soit elles approuvent les efforts de modernisation de l'entreprise. A l'inverse, elles aussi peuvent estimer que les réformes ne vont pas assez loin ou se sentir trahies avec le sentiment de la fin du service public", analyse le directeur de Strategy One.
La confiance ne règne pas
Rien d'étonnant donc à ce qu'on retrouve ces mêmes entreprises du secteur public dans le classement de tête des sociétés dans lesquelles les Français ont moins confiance.
Derrière France Telecom (36%) et la Société Générale (33%), arrivent ainsi la SNCF (32%), La Poste (30%), puis plus loin derrière EDF (26%) et GDF Suez (19%).
"Le rapport des Français aux entreprises du secteur public n'est pas juste un problème de qualité du produit. Il s'agit aussi d'une position idéologique: est-ce que les évolutions sont une trahison ou une modernisation?", précise Antoine Harary.
Un sentiment complexe qui ne devrait pas s'arranger dans les années qui viennent, entre la transformation de La Poste en société anonyme et la fin programmée du monopole de la SNCF.
























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