François Fillon y croit. Qu'importent les sceptiques ou les prévisions moins optimistes des économistes, l'objectif de 2,5% de 2011 à 2013 est "parfaitement atteignable".

Et il vaudrait mieux d'ailleurs pour le gouvernement que ce soit le cas: il mise en grande partie sur cette reprise de l'activité pour réduire son déficit public.

Dans ses prévisions transmises en début de semaine à la Commission européenne, la France s'engage à réduire le déficit public français (Etat, comptes sociaux, collectivités locales) de 8,2% du produit intérieur brut (PIB) cette année à 3% en 2013.

"Nous nous sommes engagés à atteindre ces résultats si nous avons 2,5% de croissance (...) Si la croissance est un peu plus faible, on mettra un peu plus de temps à réduire les déficits", a toutefois tenu à nuancer le premier ministre sur Europe 1.

"Mais avec la reprise de l'économie mondiale et les mesures qu'on est en train de prendre", en matière de politique industrielle ou de fiscalité sur les entreprises, "2,5% de croissance est un objectif parfaitement atteignable", a-t-il assuré.

Mais pour bon nombre de spécialistes, cet objectif est irréaliste. Le Fonds monétaire international (FMI) s'attend pour sa part à une croissance de 1,7% en France en 2011. La Commission européenne table quant à elle sur un chiffre de 1,5%.

Et même si la France réussissait à atteindre 2,5% de croissance sur un an, il sera cependant très difficile de renouveler cette performance trois années de suite.