Très discret depuis sa prise de fonction en décembre dernier, le président de l'Union européenne, Herman Van Rompuy, a évoqué la création d'un "gouvernement économique" des 27, dans un document obtenu lundi par l'AFP.

Alors que la situation budgétaire grecque et d'autres pays comme l'Espagne ou le Portugal commence à déstabiliser l'ensemble de l'Europe, Herman Van Rompuy souligne 'l'urgence de renforcer notre gouvernance".

Meilleure gouvernance

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE sont aujourd'hui chacun dans leur pays "responsables de la stratégie économique de leur gouvernement" national. A l'avenir "ils devraient l'être au niveau de l'UE", écrit M. Van Rompuy dans ce document.

"Que l'on appelle cela coordination des politiques ou gouvernement économique", les dirigeants européens sont les seuls en mesure de mettre en place "une stratégie commune visant à créer plus de croissance et davantage d'emplois", ajoute l'ancien Premier ministre belge.

L'idée fait débat

Ces propositions doivent être transmises aux 27 dirigeants de l'UE jeudi 11 février lors d'un sommet à Bruxelles sur ce sujet.

L'idée d'un "gouvernement économique" n'est pas nouvelle. La France milite depuis des années dans ce sens, et la présidence espagnole de l'UE a proposé un projet similaire au début du moins de janvier dernier. Mais plusieurs Etats, comme l'Allemagne ou la Grande-Bretagne, restent méfiants à voir l'UE intervenir dans leur politique économique nationale.

La réunion du 11 février doit définir les bases d'une nouvelle stratégie économique pour l'Europe et remplacer celle dite "de Lisbonne".

Remplacer Lisbonne

Lancée en 2000, cette dernière ambitionnait de faire en 10 ans de l'Europe l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde. Elle a largement échoué.

Pour y remédier, le nouveau président de l'UE sera moins ambitieux. Il ne proposera que 5 objectifs communs, fixés en en fonction de la situation "individuelle" de chaque pays, plutôt que d'établir les mêmes pour tous.

Pour s'assurer que les 27 respecteront leurs engagements, Herman Van Rompuy a mis de côté l'idée de sanctions financières, un moment évoquée par la présidence espagnole.

La surveillance serait en revanche "renforcée". Chaque pays devrait être audité par des missions d'experts de la Commission européenne et des autres Etats. Bruxelles pourrait même rappeler à l'ordre les mauvais élèves.

Le président de l'UE propose également de puiser dans le budget européen pour dégager des "incitations" financières en faveur des Etats qui jouent le jeu.