La situation budgétaire grecque, espagnole ou portugaise inquiète depuis plusieurs semaines l'ensemble de l'Union européenne. Et fait le bonheur des spéculateurs en tout genre qui parient sur la faillite de ces Etats.
Mais comparer le Portugal à la Grèce est "trop simpliste", estime Brian Coulton, chef économiste à l'agence de notation Fitch. Il appelle néanmoins à une "réduction drastique du déficit public" portugais dans un entretien publié mardi par le Diario Economico.
Le Portugal se porte mieux
"La notation du Portugal est significativement plus élevée que celle de la Grèce (AA contre BB+), je pense que beaucoup des comparaisons qui ont été faites sont trop simplistes", déclare M. Coulton, qui met notamment en avant la différence de niveau des dettes publiques (76,6% du PIB au Portugal contre 113% en Grèce).
Par ailleurs, selon lui, les "dérapages" du déficit public au Portugal tiennent "seulement de l'erreur de prévision". "C'est très différent que d'avoir délibérément mal rapporté la valeur du déficit, comme cela s'est passé en Grèce", ajoute-t-il.
Le gouvernement grec n'a pas présenté des statistiques publiques fiables ces depuis mois, pour minimiser l'ampleur de la dégradation de leurs finances publiques aux autres membres de la zone euro.
"Je ne crois pas que nous ayons ce genre de problèmes statistiques au Portugal avec une telle influence négative sur la crédibilité de la gestion des finances publiques", poursuit M. Coulton.
En outre, souligne l'analyste, "les problèmes économiques du Portugal sont, d'une certaine manière, liés à sa croissance, une espèce de stagnation qui dure depuis cinq ou dix ans". "En Grèce, rappelle-t-il, nous avions une forte croissance et, malgré cela, il y a eu une énorme débâcle budgétaire ce qui dénote une politique budgétaire sous-jacente plus faible".
"Suspicion infondée"
Cette analyse devrait faire plaisir au premier ministre portugais, José Socrates qui avait juge infondée la "suspicion" sur la situation budgétaire de son pays, dans un entretien publié le 3 février dernier par le quotidien Libération.
Même si le Portugal n'est pas dans une situation aussi catastrophique que la Grèce, Brian Coulton appelle quand même à des réformes de grande ampleur.
Des efforts nécessaires
Car "un déficit de 9,3% (en 2009) est une valeur très élevée pour un pays comme le Portugal", estime-t-il. Pour 2010, "les marchés espéraient quelque chose de plus agressif" alors que le gouvernement prévoit "une réduction du déficit de seulement un point" à 8,3% du PIB.
Placé sous surveillance négative par les agences de notation, le Portugal inquiète les acteurs financiers. Brian Coulton considère "fondamental" que "dans un horizon de 3 à 5 ans", "la dette publique prenne nettement une trajectoire descendante". "Nous voulons voir une réduction drastique du déficit", insiste-t-il.
Le gouvernement portugais doit présenter avant la fin du mois à la Commission européenne son Programme de stabilité et de croissance, qui doit lui permettre de ramener son déficit sous la barre des 3% du PIB d'ici 2013.
















