Après le gel des salaires des fonctionnaires, le gouvernement grec a présenté une nouvelle proposition qui devrait faire grand bruit, pour sortir le pays de la crise financière.
Le ministre du Travail Andreas Loverdos a indiqué mardi souhaiter reculer de deux ans d'ici 2015 l'âge moyen de départ à la retraite pour le porter à 63 ans.
"Garder en vie" le système
"Il y aura une augmentation de 2 ans des limites de l'âge moyen des départs à la retraite, pour le porter d'ici 2015 à 63 ans en moyenne pour les hommes et les femmes", a précisé le ministre à l'issue d'une réunion d'une commission d'experts du ministère.
"Nous modifions le système des pensions afin de le garder en vie", a-t-il ajouté.
Andreas Loverdos s'est également engagé à mettre fin aux programmes de départs anticipés en retraite, financés par l'Etat, et qui ont largement fait plonger les comptes dans les rouge ces dernières années.
Renflouer les comptes
La réforme des pensions fait partie des mesures annoncées par la Grèce pour combler ses 290 milliards d'euros de déficit budgétaire.
L'âge légal de départ en retraite, selon une réforme de 2008, est fixé à 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes. De nombreuses exceptions existent cependant pour certaines catégories de métiers considérés comme difficiles.
Les femmes fonctionnaires divorcées, veuves, célibataires ou ayant des enfants à charge peuvent de leur côté prendre leur retraite anticipée après seulement 15 ou 17 ans d'activité, alors que la norme est en principe fixée à 25 ans.
La Commission européenne avait ouvert fin janvier une procédure d'infraction contre la Grèce en raison de ces conditions accordées à certaines catégories de fonctionnaires féminines, plus favorables que celles dont jouissent leurs collègues masculins.
Mécontentement
Le ministre du Travail avait déjà prévenu la semaine dernière qu'il espérait économiser 4,5 milliards d'euros cette année sur le budget social grec, alourdi par le déficit de la Sécu et des hôpitaux publics.
Car la Grèce doit trouver un moyen d'alléger une dette publique qui a explosé depuis la crise. Le pays a présenté la semaine dernière un plan de sauvetage de ses finances à la Commission européenne qui a décidé de placer le pays sous une étroite surveillance.
Mais dans un Etats déjà déstabilisé par les émeutes de décembre 2008, les mesures préconisées par le gouvernement risquent de mal passer dans la population.
Les fonctionnaires, dont le salaire risque d'être gelé dans les années qui viennent, se sont déjà opposés à un tel sacrifice.
Manifestations
Yiannis Panagopoulos, président de la grande confédération syndicale, la GSEE, représentant le secteur privé, a quant à lui appelé à une grève nationale le 24 février pour protester contre la réforme des retraites proposée par le ministre du Travail.
"Nous disposons d'études qui montrent qu'un allongement de 2 ans de l'âge de départ en retraite ne permet de prolonger le système que d'une période de six à sept mois", a-t-il ajouté.
"C'est une provocation de voir les mineurs ramper dans des trous à l'âge de 65 ans tandis que d'autres catégories prennent leur retraite après 25 ans d'activité", a expliqué le dirigeant syndical.





















