Le chef du gouvernement socialiste espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a appelé mardi l'Europe à garder son sang-froid face aux turbulences du marché en raison des niveaux de déficit et de la dette publique espagnols.

"Il est vrai que nous avons une crise économique grave qui a entraîné un haut niveau de déficit public, le plus haut de notre histoire", a-t-il reconnu lors d'une intervention devant les parlementaires socialistes à Madrid.

Contagion

"Il y a eu des mouvements qui ont entraîné une grande préoccupation sur (...) la Bourse. Il semble qu'il y ait en effet des mouvements spéculatifs", a déclaré M. Zapatero, avant d'appeler "à la ténacité, au travail et au sang froid".

Depuis une semaine, les marchés financiers se sont inquiétés d'une contagion à l'Espagne et au Portugal de la crise grecque. Une situation qui a entraîné une chute des Bourses de Madrid et de Lisbonne le 4 février dernier.

Le chef de gouvernement espagnol a souligné mardi qu'il "ne fallait pas oublier" que la dette publique espagnole était par rapport au PIB "de 20 points sous la moyenne européenne".

Solvabilité évidente

Elle devrait s'élever en 2010 à 65,9% du PIB, contre 84% en moyenne en Europe, selon des chiffres diffusés par le ministère de l'Economie espagnol.

"La solvabilité et la solidité de notre pays est évidente" a assuré mardi M. Zapatero qui a rappelé que la Bourse de Madrid avait progressé de 29% en 2009, soit plus que les grandes places en Europe et aux Etats-Unis.

En début de semaine, le gouvernement espagnol avait déjà dénoncé les "manœuvres troubles" des opérateurs financiers. Comme pour la Grèce ou le Portugal, le pays subit les attaques spéculatives de plusieurs investisseurs qui parient sur une faillite à venir et déstabilisent du même coup toute la zone euro.

Rassurer l'Europe

Ces annonces de José Luis Rodriguez Zapatero visent donc avant tout à rassurer les marchés et les autres pays de l'Europe sur la solidité financière de l'Espagne.

Le secrétaire d'Etat à l'Economie, José Manuel Campa, entame d'ailleurs une tournée européenne pour exposer la situation des finances publiques espagnoles et le calendrier des émissions obligataires du pays.

Selon le journal El Pais, le pays serait prêt à des efforts d'austérité supplémentaires s'il ne parvenait pas à faire passer son déficit public de 11,4% en 2009 à 3% du PIB en 2013.

Madrid a annoncé récemment un plan d'austérité de 50 milliards d'euros pour atteindre cet objectif ambitieux, ainsi qu'un projet d'allongement de l'âge légal de départ à la retraite à 67 ans, contre 65 ans actuellement.

La Grèce a également proposé mardi de réformer son système de retraites pour combler une partie de son déficit public.