Le gouvernement allemand a créé la surprise samedi 24 octobre en annonçant 24 milliards d'euros de baisses d'impôt dès le 1er janvier 2010, ce qui creusera encore le déficit. On pensait pourtant que l'Allemagne considérait l'équilibre budgétaire comme la première priorité compte tenu du rôle actif qu'a joué le pays dans les réunions européennes et notamment lors de la dernière rencontre des rencontre des ministres européens des Finances qui a programmé pour 2011 le retour à la rigueur.
Mais le ministre des Finances allemand va changer et Angela Merkel, la chancelière tout récemment réélue, doit faire avec l'avis de ses alliés libéraux du FDP dont la campagne était axée sur une limitation de l'impôt lors des dernières élections. La coalition FDP-CDU provoque donc des effets inattendus.
La lourde tâche de concilier l'inconciliable reviendra donc au nouveau ministre des Finances: Wolfgang Schäuble, un vétéran de l'Union chrétienne démocrate (CDU) qui servait déjà sous le chancelier Helmut Kohl.
Dès janvier 2010
Les baisses interviendront dès le 1er janvier 2010, a précisé Angela Merkel lors d'une conférence de presse conjointe avec le leader du FDP Guido Westerwelle.
Dans un deuxième temps le régime fiscal -un des plus compliqués au monde- sera réformé à partir de 2011, "pour le simplifier et le rendre plus juste", a ajouté M. Westerwelle, dont c'était l'une des promesses de campagne.
Au total, d'ici fin 2013, ce sont 24 milliards d'euros d'allègements d'impôts qui profiteront aux foyers et aux entreprises allemands, selon le programme du gouvernement.
Réforme de la santé
Simultanément, une réforme du financement du système de santé conduira à l'augmentation des cotisations des assurés, seuls à supporter la hausse des coûts médicaux liée au vieillissement de la population, tandis que les cotisations des employeurs seront plafonnées.
La chancelière et ses alliés du FDP sont en revanche restés vagues sur le financement des mesures fiscales, alors que la crise a vidé les caisses.
Des économies!
Ce sont "des économies", en premier lieu dans le fonctionnement de l'appareil d'Etat, et "la croissance" à venir qui financeront le manque à gagner fiscal, a affirmé M. Westerwelle. "Il s'agit avant tout d'encourager l'emploi", a ajouté la chancelière qui a rappelé que "100.000 chômeurs en moins égale deux milliards d'euros épargnés", a-t-il ajouté.
Le PIB doit baisser de 5% au total cette année, selon les projections du gouvernement, qui table sur un retour à la croissance en 2010, de l'ordre de 1,2%. L'Allemagne vient en outre d'annoncer qu'elle aurait moins de chômeurs que prévu en 2009.
Concilier l'inconciliable
Le ministre des Finances assumera donc tout de même la lourde tâche de réduire le déficit, en veillant à ce que "les dépenses progressent moins vite que le Produit intérieur brut (PIB)", a indiqué M. Westerwelle.
Wolfgang Schäuble, a d'ores et déjà exclu dimanche l'idée de parvenir à un équilibre budgétaire dans les quatre prochaines années, dans un entretien au quotidien Welt am Sonntag.
"Il est déjà suffisamment ambitieux" de respecter le mécanisme inscrit dans la Constitution pour freiner la dette publique de l'Allemagne, a ajouté le ministre chrétien-démocrate (CDU). Cette mesure prévoit que l'endettement de l'Etat fédéral ne doit pas dépasser 0,35% du produit intérerieur brut dès 2016.
Le pari de la dette
"Nous devons sortir de ces dettes exorbitantes que nous n'avions jusqu'à présent jamais connues dans l'histoire de la République" avant de parler d'économies, a souligné M. Schäuble, ministre sortant de l'Intérieur.
"Le plus important c'est d'abord de bien surmonter cette grave crise économique" et "cela ne veut rien dire de parler de mesures d'économies à l'heure où l'on doit donner des impulsions économiques", a-t-il insisté.
Pour financer les baisses d'impôt, le ministre avait reconnu samedi soir à la télévision publique être obligé d'" accepter un nouvel endettement exceptionnellement élevé".
La dette publique allemande s'élève déjà à plus de 1.500 milliards d'euros, soit environ 20.000 euros par personne, et l'Allemagne dépense plusieurs dizaines de milliards par an en intérêts de sa dette.

















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