Les dirigeants de la Chine et de l'Union européenne se sont rencontrés ce lundi à Nankin, à une semaine de l'ouverture du Sommet de Copenhague sur le changement climatique. C'est la raison de la prise de position officielle de l'Union européenne qui a jugé indispensable une forte contribution de la Chine à la lutte contre le réchauffement climatique, tout en appelant l'ensemble de la planète à plus d'efforts.
"Le défi du climat (...) ne peut être relevé sans que la Chine prenne un rôle de leader et (accepte sa) responsabilité", a déclaré le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, qui préside l'UE, à l'issue du bref sommet sino-européen à Nankin, dans l'est de la Chine.
Insuffisant
"Nous pensons jusqu'à présent que les contributions mondiales mises sur la table pour réduire (les émissions) ne sont pas suffisantes pour (ne pas dépasser) une hausse limitée à 2 degrés", a déclaré M. Reinfeldt, "davantage doit être fait".
M. Reinfeldt s'exprimait, à une semaine de l'ouverture de la conférence de l'ONU sur le climat de Copenhague qui va rassembler 192 pays, lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
Contribution majeure?
"Nos efforts sont volontaires et sérieux", a rétorqué le Premier ministre chinois, ils "marquent une contribution majeure aux efforts mondiaux".
"La Chine accorde une haute importance à la Conférence de Copenhague", a déclaré le chef du gouvernement du pays premier émetteur de gaz à effets de serre (GES) de la planète -responsables du changement climatique- qui se rendra en personne dans la capitale danoise. "La Chine est décidée à faire avancer la conférence dans la bonne direction"', a-t-il assuré en soulignant que "la clef du succès serait de suivre le principe de responsabilités communes mais différenciées".
Transfert de technologies
Les pays en développement, Chine en tête, estiment que si le changement climatique est l'affaire de tous, les pays industrialisés en sont davantage responsables et doivent assumer ces responsabilités historiques, avec davantage d'efforts de réduction de leurs émissions de GES. Ils attendent aussi des pays développés un soutien financier pour les aider à mieux faire et à s'adapter au changement climatique.
Wen Jiabao à cet égard a formulé une demande classique de la Chine et des autres grands pays en développement, en espérant que "l'Union européenne s'engage sur des transferts de technologie" pour favoriser l'économie verte.
Intensité carbone
La Chine a annoncé, pour la première fois la semaine dernière, des objectifs chiffrés de contrôle de ses émissions, s'engageant à réduire son "intensité carbonique" (émissions polluantes par unité de PIB) de 40 à 45% d'ici 2020 par rapport à 2005.
"La Chine est un pays en développement, qui se trouve à un stade-clé d'industrialisation et d'urbanisation", a insisté Wen, en soulignant qu'en cumulé comme en émissions par habitant, ce pays de 1,3 milliard d'habitants "restait loin derrière les pays développés.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a de son côté souligné que les Européens "analysaient soigneusement les propositions chinoises". "L'Union européenne, la Chine et d'autres partenaires majeurs de ces négociations peuvent toujours négocier les chiffres mais nous ne pouvons pas négocier avec la science, avec la physique", a répété M. Barroso.
Les négociations internationales actuelles qui culmineront à Copenhague (7-18 décembre) visent à freiner l'envolée des émissions de GES, qui pourraient conduire à un réchauffement mondial susceptible d'aller jusqu'à 6,4°C à la fin du siècle, selon le pire scénario envisagé en 2007 par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec).





















