L'Union européenne (UE) s'est donnée pour mission de neutraliser les pirates somaliens qui multiplient les attaques de navires et élargissent au fil des mois leur rayon d'action dans l'océan Indien. Au moins huit pays - Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Pays-Bas, Royaume-Uni et Suède auxquels se joindra peut-être le Portugal- participent à l'opération "Atalante", sous le commandement d'un officier britannique, le vice-amiral Phillip Jones.

"Cette opération, sous commandement britannique, permettra, je l'espère, d'établir les prémices d'un ordre international des mers qui sont vitales pour commercer autour du monde", a déclaré, lundi 8 décembre, à Bruxelles le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband. Les attaques se sont multipliées cette année au débouché du détroit de Bab el-Mandeb par lequel passent 12% du commerce maritime et 30% du pétrole brut mondial. Une trentaine de cargos ont été détournés en 2008, le double de l'an dernier.

30% du pétrole brut mondial

Pour Atalante, "le problème est que les pirates ne s'attaquent plus uniquement aux bateaux au large de la Somalie mais vont plus loin à l'Est et au Sud, où il n'y a pas de protection navale", relève Noel Choong, directeur du Centre d'observation de la piraterie du Bureau maritime international (BMI). "Maintenant, il y a des attaques au large de la côte du Kenya (...) et ils vont même jusqu'au large de la Tanzanie", indique-t-il, qualifiant cette évolution de "très inquiétante".

Si elle démarrait officiellement lundi, Atalante ne sera pourtant pas immédiatement opérationnelle. Le navire amiral grec qui prendra le premier le commandement embarqué de la mission ne doit partir du Pirée que mercredi et arriver sur zone vers le 16. Le premier défi pour les frégates européennes est d'assurer l'ordre sur une surface d'un million de km2. La composition de convois dans des couloirs de navigation bien délimités devrait faciliter sa mission. Les pirates somaliens ont cependant montré que face à une concentration de bateaux de guerre, ils attaquaient des navires isolés à bonne distance du corridor protégé. L'Association des armateurs européens (ECSA) a demandé à l'UE de protéger les bateaux les plus "vulnérables", ceux dont le pont est bas et donc facile d'abordage, ainsi que les plus lents.