C'est au tour de l'Espagne d'officialiser son entrée en récession.Touchée par la crise financière et l'éclatement de sa bulle immobilière, l'espagne est entrée en récession à la fin 2008 avec deux trimestres consécutifs de baisse du PIB, selon une estimation diffusée mercredi 28 janvier par la Banque d'Espagne. Le PIB espagnol a reculé de 1,1% au quatrième trimestre 2008 par rapport au trimestre précédent et a diminué de 0,8% par rapport au quatrième trimestre 2007, indique la Banque d'Espagne dans son bulletin économique mensuel.
Ce recul fait suite à une baisse de 0,2% du PIB au troisième trimestre par rapport au deuxième, selon les chiffres officiels de l'Institut espagnol de la statistique (Ine), diffusés fin 2008. Le terme de récession est applicable à partir d'au moins deux trimestres consécutifs de contraction du PIB. Sur l'ensemble de l'année 2008, le PIB espagnol reste estimé à la hausse, avec +1,1% par rapport à 2007. Mais ce résultat représente un "fort ralentissement par rapport à la croissance observée l'année précédente avec +3,7%", commente la Banque d'Espagne.
Tous ces chiffres, avancés mercredi par la Banque d'Espagne, doivent encore être confirmés par l'Ine, qui diffusera le 12 février son estimation officielle du PIB espagnol pour le quatrième trimestre. La "tendance" négative de l'économie espagnole observée durant les trois premiers trimestre de l'année "s'est intensifiée au quatrième trimestre, après l'aggravation de la crise internationale", a commenté la Banque d'Espagne. Elle note un "intense ralentissement de la demande intérieure" avec une hausse réduite de 0,4% pour cet indicateur, contre une poussée de 4,2% en 2007, en raison d'un "affaiblissement dans tous les secteurs de la consommation à l'exception du secteur public".
En l'espace de quelques mois, l'Espagne est passée d'une croissance soutenue, faisant figure de modèle au niveau européen, à une période de profonde crise économique. Tous les indicateurs économiques sont passés au rouge. Le taux de chômage espagnol est monté en flèche pour s'établir à 13,91% de la population active au quatrième trimestre, soit le niveau le plus élevé de l'Union européenne, avec une hausse de 1,28 million du nombre de personnes au chômage sur l'année, selon l'Ine.
Pour 2009, le gouvernement a averti d'une année particulièrement difficile et a révisé fortement à la baisse ses prévisions économiques, avec un taux de chômage anticipé à 15,9% et un recul du PIB de 1,6%.




















