Les Européens du G20 réunis dimanche 22 février à Berlin sont d'accords pour une régulation et une surveillance de l'ensemble des acteurs des marchés, y compris des fonds d'investissement spéculatifs (hedge funds), ont indiqué des sources gouvernementales allemandes.

Les Européens sont tous d'accords sur le fait que "aucun marché financier, aucun produit financier, aucun acteur des marchés ne peut agir sans régulation ou surveillance", ont indiqué ses sources. "La demande d'une régulation directe des hedge funds n'a plus été mise en cause par aucun des participants", selon les mêmes sources. Les fonds spéculatifs sont régulièrement accusés d'avoir, par leur volatilité et leur opacité, contribué à la crise financière internationale. Jusqu'à présent les Britanniques semblaient réticents à les réguler.

La chancelière Angela Merkel a convié dimanche ses homologues et les ministres des Finances européens du G20 (Royaume-Uni, Italie, France), l'Espagne et les Pays-Bas, ainsi que les présidents de la Commission européenne Manuel José Barroso, de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet et de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Cette réunion de travail de quelques heures va permettre de définir une ligne commune sur la réforme de la finance internationale avant le sommet du G20 de Londres le 2 avril.

"Au final des progrès clairs et importants sont apparus dans la mise au point d'une position commune des participants européens au sommet de Londres", selon ces sources gouvernementales allemandes, qui impliquent donc qu'il n'y a pas accord sur tout. "Les ministres des Finances réunis aujourd'hui pour préparer le G20 ne publierons pas de texte commun à l'issue de la rencontre. Ils y renoncent avant tout pour laisser aux pays de l'Union européenne absents la possibilité de se joindre à une position commune pour le sommet financier international de Londres.", ont-elles ajouté.

Le Premier ministre Tchèque Mirek Topolanek, dont le pays préside l'Union européenne, assiste aussi aux discussions. Il a rencontré à part la chancelière et le président de la BCE. Mme Merkel et M. Sarkozy se sont de leur côté brièvement entretenus avant le début de la réunion.Les deux chefs d'Eat ont appelé les pays européens à s'entendre sur des propositions concrètes pour renforcer la régulation des marchés financiers. Rien de tel n'est en revanche prévu par le Premier ministre britannique Gordon Brown, qui accueillera le 2 avril le sommet des 20 premières puissances mondiales.

Par la voix de Gordon Brown, les participants ont fait savoir leur volonté d'augmenter les ressources des institutions internationales: "Il faut 500 milliards de dollars" aux institutions internationales, a déclaré le Premier ministre britannique. La chancelière allemande Angela Merkel a précisé que les Européens du G20 "se sont mis d'accord pour soutenir un doublement des ressources du Fonds monétaire international" (FMI). "Les ressources du FMI doivent être doublées pour lui permettre d'aider ses membres rapidement et de manière flexible quand ils ont des difficultés", selon un "résumé" des travaux des chefs d'Etat.

Un expert gouvernemental européen a toutefois indiqué à l'AFP qu'au delà de cette promesse, des divergences existaient encore entre Européens sur "comment on renforce (les) moyens" du Fonds. Le FMI a souligné plusieurs fois ces dernières semaines que ses ressources disponibles, et donc sa capacité à prêter aux pays membres en difficulté, risquaient de s'épuiser si la crise économique perdurait. Le Japon a d'ores et déjà annoncé son intention de prêter jusqu'à 100 milliards de dollars à l'institution multilatérale.