Le Luxembourg est prêt à son tour à assouplir son secret bancaire en acceptant notamment d'échanger des informations avec d'autres pays en cas de soupçons de fraude fiscale, a annoncé vendredi 13 mars son ministre du Trésor et du Budget, Luc Frieden. "Le Luxembourg se prononce pour l'échange d'informations sur demande mais uniquement dans des cas précis et avec des preuves explicites" de soupçons de fraude, a-t-il déclaré lors d'uen conférence de presse. En outre, "le Luxembourg a décidé de conclure des conventions de non-double imposition conformément au modèle de l'OCDE".
Au même moment, la Suisse et l'Autriche, autres pays européens pratiquant le secret bancaire, ont fait une annonce similaire. Ces concessions interviennent alors que se profile un sommet du G20 à Londres où la lutte contre les paradis fiscaux doit être intensifié par les grandes puissances mondiales réunies au sein de ce forum. Les pays du secret bancaire en Europe espèrent, en lâchant du lest, éviter d'être mis au ban de la communauté internationale. L'Andorre et le Liechtenstein avait annoncé la veille des décisions similaires.
Avec l'acceptation des normes de l'OCDE, la Confédération s'engage à renforcer l'échange d'information avec d'autres pays, au "cas par cas" et sur "demande concrète et justifiée", a précisé le gouvernement dans un communiqué. L'application de cette décision se fera par l'intermédiaire d'accords bilatéraux sur la double fiscalité, a souligné le communiqué. Les autorités suisses ont cependant fait valoir que l'acceptation des standards de l'OCDE ne changeait pas, dans le fonds, le secret bancaire en vigueur dans la Confédération. La Suisse "maintient le secret bancaire et refuse résolument toute transmission automatique de données", a prévenu le gouvernement, ajoutant que "la sphère privée des clients est toujours protégée des regards extérieurs injustifiés".























Se réfère à