Dans un communiqué final, les ministres des Finances et banquiers centraux du G20, réunis samedi 14 mars à Horsham près de Londres, ont rappelé leur volonté d'agir en commun pour ramener la croissance et réformer le système financier mondial. Cette réunion des grands argentiers du G20 (G7 et pays émergents) est un point d'étape avant le sommet tant attendu du G20 le 2 avril à Londres.
En matière de régulation financière, tous les pays du G20 ont accepté l'idée d'une plus grande transparence des hedge funds et des agences de notation financière et de crédit. Il est demandé à ces instutions et à leurs dirigeants de s'enregistrer auprès des autorités de régulation des marchés et d'apporter toutes les informations concernant leurs expositions aux risques.
Lors d'une autre réunion avec la chancelière allemande Angela Merkel, le premier Ministre anglais Gordon Brown a confirmé la volonté des Etats d'agir ans cette direction: "Nous sommes convenus du besoin de réguler les institutions qui se situaient dans le passé en dehors du système bancaire et cela comprend les hedge funds et les autres opérations bancaires occultes à travers le monde. Je pense que les Américains sont prêts à nous soutenir en vue de ces changements."
D'autres dossiers ont avancé. Les pays membres se sont prononcés en faveur d'une augmentation "significative" des ressources du Fonds monétaire international (FMI) sans chiffrer celle-ci. Les Européens suggèrent un doublement des ressources à 500 milliards de dollars et les Américains penchent pour 750 milliards. Les ministres devraient aussi proposer l'enregistrement systématique par les autorités de surpervision des agences de notation financières dont certaines notes bienveillantes sur des produits à risque ont été accusées d'avoir participé à la crise des subprimes. Le communiqué évoquera aussi l'aide aux banques en difficulté.
La question des paradis fiscaux reste encore assez délicate bien que plusieurs pays (Liechtenstein, Andorre, Suisse, Autriche, Luxembourg et peut être bientôt Monaco) ont accepté avant le G20, sous la pression politique, d'assouplir leur réglementation sur le secret bancaire. Ils sont prêt à coopérer avec des autorités étrangères et échanger des informations sur les comptes de leurs clients en cas de fraude fiscale mais pas d'évasion fiscale. Il n'y a donc pas eu d'accord commun pour lutter contre ces centres offshore de la finance mondiale. Plusieurs pays émergents dont la Chine auraient soutenu que cette question n'était pas à l'origine de la crise.
Sur le plan de la relance, les voix sont plus discordantes. Les ministres des Finances du G20 ont indiqué que leurs pays étaient décidés à faire les efforts budgétaires nécessaires pour restaurer la croissance, et que ces efforts seraient évalués par le Fonds monétaire international (FMI), selon les termes du communiqué final. Mais, ils ne se sont pas mis d'accord pour accroître conjointement et massivement leurs efforts de relance. En clair, le chacun pour soi reste de mise sur les plans de relance.
C'est un point de désaccord car les Etats-Unis ont exhorté les autres pays à faire plus d'effort de relance et à suivre les Etats-Unis et les recommandations du FMI sur un objectif de relance d'au moins 2% du PIB. Les Européens, soucieux de leurs déficits, ont renâclé. Ils répondent qu'ils ont déjà fait assez et que leurs filets sociaux plus protecteurs rendaient difficiles de comparer leurs plans avec celui des Etats-Unis. Ils sont en revanche pour un resserrement de la régulation, à laquelle les Américains semblent plus indifférents pour l'heure. Le Japon et la Chine ont pour leur part annoncé ou laissé entrevoir de nouveaux plans de relance.
Dans les coulisses, beaucoup de participants estiment qu'on "ne peut pas se permettre un G20 raté" en avril, pour ne pas déprimer plus encore l'économie mondiale. Alistair Darling, ministre des Finances anglais, a convenu récemment que le succès de la présidence britannique serait surtout mesuré à l'aune de sa capacité à faire travailler les pays ensemble plutôt qu'à aboutir à un consensus sur tous les sujets.





















