Après avoir longuement hésité, la BCE a décidé de suivre la voie de l'assouplissment quantitatif tracée par ses homologues américaine et britannique. L'institution va ainsi acheter pour environ 60 milliards d'euros d'obligations sécurisées pour aider l'économie.

Les modalités techniques de ces achats seront dévoilées après la prochaine réunion du 4 juin, a précisé jeudi 7 mai le président de la BCE, Jean-Claude Trichet. Ces obligations, équivalentes aux "pfandbriefe" en Allemagne, sont couvertes par des crédits hypothécaires ou des créances du secteur public et sont considérées comme relativement sûres.

Par ces nouvelles mesures, la BCE emprunte donc le chemin pris par ses grandes homologues américaine et britannique, qui ont déjà lancé des programmes d'achats de titres de créance pour stimuler leurs économies. Ces mesures dites "d'assouplissement quantitatif" sont censées prendre le relais des baisses de taux directeurs. Ces dernières se sont pour l'instant révélées peu efficaces pour relancer l'économie, et les banques centrales n'ont désormais plus de marge de manœuvre étant donné le niveau proche de zéro des taux.

Lors de sa réunion, le conseil a par ailleurs décidé d'abaisser d'un quart de point le principal taux directeur, tombé à un nouveau plancher historique de 1%. Le taux est ainsi à un "niveau approprié", a dit Jean-Claude Trichet, mais cela ne veut pas dire qu'en théorie, il ne pourrait pas aller plus bas. "Nous n'avons pas décidé aujourd'hui que le nouveau niveau du taux principal de refinancement était le plus bas niveau", a indiqué le président de la BCE.