Nicolas Sarkozy prend la parole ce lundi à 15H00 devant le Parlement réuni en Congrès au château de Versailles, une première depuis 1848, pour donner le coup d'envoi d'une nouvelle étape de son action à mi-mandat. Cette innovation pour la Ve République, rendue possible par la révision constitutionnelle adoptée l'été dernier, est brocardée vivement par l'opposition, certains y voyant "un déni de démocratie", d'autres l'illustration du "présidentialisme" du régime.
Nouvelle impulsion au gouvernement
Ce discours présidentiel, intervenant après le succès aux Européennes des listes de l'UMP, doit permettre de donner une nouvelle impulsion à l'action du gouvernement. Le chef de l'Etat devrait ainsi exposer ses "choix stratégiques forts" à mi-mandat pour faire face à la crise économique actuelle. Mais pas question de changement de politique. "C'est un exercice comparable à aucun autre. Le président nous dira 'voilà où nous en sommes, voilà ce que nous voulons faire'. Ce n'est pas un changement de cap", assure un proche du président. "Il ne s'agira pas d'une panoplie de mesures contre la crise, même si cela n'exclut pas un certain nombre de prises de position sur les grands sujets", a fait valoir la semaine dernière le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.
Réforme des collectivités
Outre la crise économique, Nicolas Sarkozy devrait évoquer, selon plusieurs sources à l'UMP, la réforme des collectivités territoriales. Une réforme à laquelle il tient, d'autant plus qu'il la voit comme une source d'efficacité et d'économies substantielles. Parmi les autres sujets abordés, pourraient aussi figurer l'emploi des seniors avec l'âge de la retraite, le "cinquième risque" (dépendance), et, comme l'a annoncé Nicolas Sarkozy, le port du voile intégral, qui suscite un vif débat.
En attendant de connaître le contenu de l'intervention présidentielle, la gauche ne mâche pas ses mots pour vilipender, à l'instar de François Hollande (PS) "une adresse du souverain", ou comme Pierre Moscovici (PS) "des pratiques d'une République bananière". Les socialistes seront présents durant le discours de Nicolas Sarkozy mais ne prendront pas ensuite la parole, tandis que communistes et Verts ont décidé de boycotter le Congrès.





















