Les dépenses de consommation des ménages français en produits manufacturés ont accusé une légère baisse de 0,2% au mois de mai après deux mois de hausse, en données corrigées des variations saisonnières, a annoncé l'Insee mardi 23 juin. Après avoir chuté de 2,0% en février, la consommation des ménages avait gagné 0,7% en mars et 0,5% en avril, rappelle l'Institut national de la statistique. Sur un an, ces dépenses de consommation sont toutefois en baisse de 1,6%.
Sur l'ensemble du deuxième trimestre, l’Insee table sur une hausse contenue de la consommation totale (+0,3%), principal soutien de la croissance française "en lien avec le repli de l’inflation et les mesures de soutien au pouvoir d’achat prises par les pouvoirs publics", rappelle-t-on à Bercy.
Recul des dépenses en biens d'équipement du logement
"Dans le champ commerce, les dépenses baissent en mai de 0,8 % (après -0,1 % en avril)", indique l'Insee. Les dépenses de consommation en biens durables ralentissent, elles, (+0,7 % après +1,9 % au mois d’avril) du fait notamment du recul des dépenses en biens d’équipement du logement (-0,8 % après +0,5 %).
Automobile fragile
L'Insee souligne que l’estimation de la consommation des ménages en automobiles (+2,4 % en mai après +3,7 % en avril) est particulièrement fragile ce mois-ci en raison de la mise en place du nouveau système de plaques minéralogiques. "Tout est en baisse exceptée l’automobile (+2,4%). Ce dernier marché a bénéficié bien entendu de la prime à la casse, mais aussi en mai d’un report d’immatriculations du mois précédent en raison de l’instauration du nouveau système de plaques minéralogiques. En d’autres termes, s’il n’y avait pas eu ces deux effets là, le chiffre d’ensemble aurait pu être bien pire encore. Il faut toutefois ajouter que la stimulation étatique contribue à une distorsion de la structure de consommation des ménages : ce qui est dépensé en automobiles n’est plus disponible pour être consacré à d’autres postes", commente le chef économiste de Xerfi, Alexander Law.
Les dépenses de consommation en textile-cuir reculent, elles, de nouveau (-1,4 % après -0,2 %). "Les commerçants attendent donc les soldes avec impatience pour écouler les stocks d’invendus, quitte à sacrifier une fois de plus les marges", extime Alexander Law.
Tendance de repli des dépenses
"Le glissement annuel de l’indice de consommation d’ensemble est aujourd’hui assez nettement négatif (-1,6%). Cela trahit une tendance de fond de repli des dépenses dans un contexte de remontée très rapide du chômage, de reconstitution d’une épargne de précaution et de maintien du moral des ménages à bas niveau. Pour l’heure, le seul soutien demeure la faible inflation… mais même cela ne devrait pas durer puisque les effets de base qui jouent aujourd’hui favorablement disparaîtront à partir de la fin de l’été. Tous les éléments paraissent donc réunis pour que, en l’absence d’un coup de pouce de l’Etat qui irait au-delà du seul marché automobile, la consommation continue de se détériorer au cours des prochains mois. Ce ne sont pas, hélas, les informations qui nous proviennent de l’industrie qui vont nous convaincre que le pire de la crise économique en France est derrière nous", explique l'économiste.


















Se réfère à