Xavier Darcos a annoncé la suppression de 16.000 emplois en 2010, conformément à la règle de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, mardi à la veille de son départ pour le ministère du Travail. Le ministère de l'Education nationale compte plus d'un million de salariés, dont quelque 870.000 enseignants.

"La saignée continue pour les postes administratifs" met en cause "la capacité des services à répondre aux besoins des familles, des élèves et des personnels", estime la FSU, première fédération dans l'éducation nationale, dans un communiqué. Les suppressions de postes dans les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) confirment pour la FSU que la réforme de la formation des enseignants est d'abord motivée par "le souci d'économies budgétaires".

Pari dangereux

La FSU y voit "un pari dangereux pour une formation de qualité et pour l’avenir du système éducatif". L'Unsa Education appelle le gouvernement à "changer de cap dans l'éducation et choisir la négociation au lieu de la confrontation" et se dit prêt à "essayer", avec le nouveau ministre, "de reconstruire un dialogue social trop souvent négligé au ministère de l’Education nationale".

"Les suppressions de poste atteindront en 2010 une ampleur inégalée et placeront les établissements et les personnels sous tension permanente", indique l'Unsa. Le SNUipp-FSU, premier syndicat dans le primaire, voit dans ces coupes budgétaires un "jeu de massacre dans la formation des enseignants". "Les conséquences de ces mesures sont lourdes pour les élèves et les enseignants : elles provoqueraient un appauvrissement sans précédent de la qualité de la formation" estime le SNUipp.

Copie à revoir

Le SNUipp demande au nouveau ministre "que les annonces budgétaires soient revues, qu'aucune mesure précipitée ne soit prise, que la publication des décrets de mastérisation soit interrompue et que de véritables négociations se mettent en place". Le syndicat lycéen Fidl demande "un moratoire sur les suppressions de postes dans l'éducation nationale" et espère "que le nouveau ministre saura renouer le dialogue avec une jeunesse qui a plus que jamais besoin d'être entendue". Le syndicat lycéen commente aussi la nomination de Luc Chatel : "Un ministre de l'Education nationale à mi-temps, un ex-ministre de l'Industrie, un ministre de l'Education nationale aussi porte-parole du gouvernement, on aura vraiment tout vu!".