Au lendemain du retrait partiel des forces américaines, le Premier ministre français, François Fillon et la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, sont arrivés, jeudi 2 juillet, à Bagdad pour une visite éclair à la conquête du vaste marché irakien. Ils sont accompagnés d'une délégation de plusieurs chefs d'entreprise français conduite par Laurence Parisot, présidente du Medef.
La délégation qui accompagne François Fillon est composée d'une trentaine de chefs d'entreprise: Louis Gallois, patron d'EADS, Bruno Lafont, PDG de Lafarge, Henri Lachmann, président du conseil de surveillance de Schneider, Christophe de Margerie, directeur général de Total, Henri Proglio, PDG de Veolia, Jean-Louis Chaussade, directeur général Suez environnement.
Plusieurs accords
"Les Irakiens ont très envie de se soustraire de la tutelle américaine et c'est pourquoi ils souhaitent faire affaire avec d'autres investisseurs qu'ils connaissent bien, parmi lesquels les Français", a affirmé aux journalistes un responsable au cabinet de F.Fillon.
François Fillon et sa délégation ont été accueillis par le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki, avec lequel il s'est ensuite entretenu. "Notre pays veut que la France soit un partenaire stratégique notamment commercial et le Premier ministre Nouri al-Maliki a affiché sa volonté de voir les relations bilatérales s'accroître notablement", a-t-il ajouté. Cinq lettres d'intention doivent être signées dans les domaines militaire, sécuritaire, commercial, formation.
Le président d'EADS Louis Gallois a lancé en forme de boutade aux journalistes dans l'avion: "la compagnie irakienne (Iraqi Airways) qui n'a que des Boeing, pour moi c'est une provocation. Nous sommes présents dans tous les pays du Golfe, pourquoi pas en Irak".
Selon une source proche de M. Fillon, un accord doit être paraphé entre la Coface française et la Trade Bank of Irak pour protéger les investissements, un autre sur la formation d'ingénieurs dans le secteur routier et enfin la création d'un conseil franco-irakien des chefs d'entreprises présidé du côté français par le patron de Total, Christophe de Marjorie.
Sécurité
Les 750.000 policiers et militaires irakiens ont pris le 1er juillet le contrôle des villes alors que les 133.000 soldats américains devraient être cantonnés dans des bases et participer notamment à la formation de leurs collègues irakiens.
Le Premier ministre français doit se rendre dans l'après-midi à Souleimaniyeh, dans le kurdistan irakien où il sera reçu par le président Jalal Talabani. Le président français s'était rendu en Irak le 10 février dernier. Il était le premier chef d'Etat français à se rendre dans ce pays depuis sa création en 1921 et premier leader européen à faire le déplacement depuis le renversement de Saddam Hussein par l'armée américaine, en 2003.



















