Pour le numérique "tapez 1", pour l'enseignement "tapez 2". Depuis hier, il règne une ambiance Nouvelle star autour du grand emprunt national. Annoncé le 22 juin dernier par le président de la République, il devrait être lancé en 2010. Mais Nicolas Sarkozy s’est refusé à définir son montant ou les projets qu'il financera.
Il a pour cela chargé une Commission nationale de se pencher sur le sujet. Présidée par Michel Rocard et Alain Juppé, elle devra identifier d’ici la fin octobre les axes prioritaires et délimiter un cadre budgétaire. Un programme qui s’annonce difficile pour les deux anciens premier ministres. Organisations syndicales, ministères, associations, citoyens: tout le monde a évidemment son idée sur la question.
60 millions de grands emprunteurs
Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, a ouvert la compétition jeudi 10 septembre. Les réactions du jury sont quasiment unanimes. Alain Juppé a estimé que "le numérique a(vait) toutes ses chances" de figurer parmi les investissements choisis et François Fillon souligné qu’il s’agissait "d’une priorité nationale".
Le ministre de la Défense, Hervé Morin, a annoncé le même jour à Saumur que la "copie" de son ministère était "prête" et portait sur divers domaines, comme les technologies de l'information, les hélicoptères ou l'espace.
Jeudi, au cours d'une conférence organisée à Paris par la société Sungard, Christian de Boissieu, membre de la commission pour le Grand emprunt, expliquait également qu'après un an de récession, la croissance potentielle de l'économie française avait chuté à 1,5% contre 2,25% avant la crise, soit un rythme insuffisant pour résorber le chômage ou les déficits.
"L'objectif est de relever la croissance potentielle de l'économie en développant l'innovation, les industries vertes, les infrastructures", a souligné l'économiste.
Les militants UMP sont aussi appelés à formuler leurs propositions. Le parti majoritaire a créé le 9 septembre un site Internet pour "donner son avis sur les secteurs prioritaires" du grand emprunt.
En première page, un sondage demande aux internautes: "Dans quel domaine pensez-vous qu’il faille investir en priorité? Le développement durable; la santé; l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire; l’aéronautique et l’aérospatial; autres". Après 263 clics, le développement durable l’emporte (41%) largement sur "autres" (32%).
Inventaire à la Prévert
Et c’est bien cette catégorie "autres" qui pose problème. Il existe aujourd’hui des centaines de projets dits "d’avenir" pour le pays.
Comme l’a rappelé Michel Rocard hier, le grand emprunt sera "grand par son exemplarité et son sujet, mais il ne pourra pas l'être par son montant (...) Les finances publiques ne le permettront pas". En outre, des sommes suffisantes devront être accordées aux projets retenus pour qu'ils puissent être menés à bien. Conclusion: le nombre de priorités sera forcément limité.
Alors quels arbitrages opérer et selon quels critères? Faut-il privilégier l’éducation, la santé, la croissance verte, le numérique, la défense ou l’investissement?
A l’heure du choix, les déçus seront sûrement nombreux et la tâche s’annonce rude pour la Commission nationale. Michel Rocard l’a d’ailleurs réaffirmé: le grand emprunt nécessitera un "travail de sélection redoutable".

















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