La consommation des Français a été multipliée par trois en 50 ans, selon une étude de l'Insee. Le niveau de vie des ménages a progressé, les dépenses absolues ont donc augmenté partout mais la structure de leur budget s'est beaucoup transformée. Les Français accordent depuis les années 60 relativement moins d'importance pour se nourrir et s'habiller dans leur budget. Si l'alimentation représente toujours une importante part des dépenses des ménages, elle est passée de 38% en 1960 à 25% en 2007, souligne l'Insee. L'habillement baisse aussi de 14% à 9%.
"La très nette hausse des niveaux de vie a d’abord permis de desserrer la contrainte des dépenses de première nécessité. Les besoins en nourriture et en boissons sont en effet naturellement limités. Le niveau de vie atteint par la plupart des habitants des pays développés leur permet désormais d’assurer leurs besoins alimentaires", explique le rapport.
A l'inverse de l'alimentation, le poste logement a fortement progressé, passant de 16% à 19% sur la même période, comme les dépenses de transports (de 11% à 18%), de communications et de loisirs (de 10% à 16%). Les dépenses de santé ont également beaucoup augmenté: les ménages y consacrent 14% en 2007 contre 5% en 1960, la part remboursée ayant tendance à baisser.
Hausse des dépenses subies
Les dépenses contraintes auxquelles les ménages ne peuvent échapper (logement, assurances, télécoms, frais bancaires...) ont gagné un poids très important en 50 ans. "La part de ces dépenses "pré-engagées" dans le revenu disponible brut des ménages n’a cessé de progresser, atteignant 28 %en 2007 contre 13% en 1960. En 2007, les dépenses de logement, chauffage et éclairage, atteignent 25 % de la consommation des ménages et représente. Ces dépenses représentent 75%des dépenses "pré-engagées".
Part des dépenses de consommation "pré-engagées" dans le revenu disponible
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| Part des dépenses pré-engagées dans le revenu disponible |
Services en hausse
Globalement, les Français consomment nettement plus de services qu'auparavant. Les services qui représentaient 30% des dépenses de consommation en 1960, dépassent 50% depuis le milieu des années 2000. Le seul service de logement (loyers, investissement logement, remboursement des intérêts) explique la moitié de la hausse de cette consommation de nouveaux services depuis 1960.
"Ce déplacement relatif des dépenses des biens vers les services s’explique en premier lieu par un effet-prix : sur longue période, le prix des biens, en particulier celui des biens manufacturés (+ 3,5 % par an), évolue nettement moins rapidement que celui des services (+ 5,9 % pour les services hors loyers)", note le rapport. "Cela tient au fait que les gains de productivité induits par le progrès technique bénéficient surtout à la fabrication des biens manufacturés, alors même que les augmentations salariales se diffusent dans tous les secteurs d’activité", ajoute t-il.
Inégalités
"Les écarts entre les ménages les plus aisés et les plus modestes se sont réduits mais restent importants en termes d'alimentation à domicile, avec une dépense moyenne de 230 euros par personne par mois pour les premiers contre 130 pour les plus modestes", explique Michel Duée, chef de la division conditions de vie des ménages.
Il confirme que "les plus aisés consomment plus de fruits, de légumes et de poissons, alors que les plus modestes plus de graisses et plus de sucres". L'étude montre que les plus pauvres consomment davantage de tabac, sont moins sensibles que les plus aisés à l'augmentation des prix, alors que les plus riches consomment plus d'alcool.
La France, société de consommation
Depuis 50 ans, les dépenses des ménages, qui représentent 55% des richesses produites en France (PIB d'environ 1.900 milliards), ont augmenté chaque année un peu plus, accompagnant une forte hausse du niveau de vie, explique l'institut national. La hausse des dépenses a atteint 4,3% par an pendant la période des "Trente glorieuses" et s'est ralentie à environ 2,5% par an après le premier choc pétrolier de 1973.
Seule l'année 1993 a été marquée par une récession. En revanche, avec la crise actuelle, "on n'attend pas un recul de la consommation en France en 2009 mais un chiffre proche de la stagnation", explique Fabrice Langlard, chef du département des comptes nationaux de l'Insee. Car, précise-t-il, à l'inverse de 1993, les taux d'intérêt sont très bas et incitent à la consommation.























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