Exploités, sous-payés, mal considérés: les attributs ne manquent pas pour définir la situation des plus de 1,5 millions de stagiaires français.

Sur des propositions d'organisations syndicales et patronales, d'associations et de la Commission Hirsch, Nicolas Sarkozy a souhaité inverser la tendance. Ou tout du moins l'améliorer, grâce à deux mesures: l'interdiction des stages hors cursus et une indemnisation à partir du deuxième mois.

Fin des stages hors cursus

Prévue dans le projet de loi sur la formation professionnelle qui sera finalisé dans les jours qui viennent, l'interdiction des stages hors cursus devrait limiter certaines dérives.

Plusieurs entreprises proposent en effet à de jeunes diplômés des stages qui correspondent en fait à de vrais emplois. L'UNEF estime ainsi que 100.000 stagiaires occupent actuellement des postes qui se substituent à une embauche.

Comme l'a cependant rappelé Nicolas Sarkozy lors de la présentation de son Plan jeune le 29 septembre dernier, "le stage est une étape dans un parcours de formation. Il n’est pas un sous-statut permettant aux entreprises d’éviter de recruter des salariés".

La fin des stages hors cursus est donc "une vraie victoire" pour Génération précaire qui se bat depuis 2005 contre les dérives de cette situation.

Indemnisation dès le 2e mois

Deuxième mesure très attendue: l'indemnisation des stages à 30% du SMIC minimum (un peu moins de 400 euros) au bout du deuxième mois, et non au bout du troisième comme cela était le cas auparavant.

Réduire le fossé financier

Même s'il s'agit d"'un pas en avant" pour Génération précaire, l'association estime cependant qu'il faut aller encore plus loin. Car le seul moyen d'éviter le recours massif aux stagiaires, selon elle, est de réduire le fossé entre le coût d'un stage et celui d'un recrutement.

L'association propose donc de recourir au principe de l'apprentissage qui prévoit une gradation de la rémunération selon la durée du contrat et le niveau d'étude de l'apprenti.

"Il n'est quand même pas normal qu'un stagiaire à bac+5 qui reste un an dans son poste soit payé de la même manière qu'un bac+1 en stage d'observation pour deux mois", s'insurge-t-elle.

Effets pervers

Pour le Medef, en revanche, les stages ne doivent pas devenir trop contraignants financièrement. "Nous sommes très favorables aux deux nouvelles mesures annoncées par Nicolas Sarkozy mais il ne faut pas aller trop loin pour ne pas dissuader les entreprises de prendre des stages, nécessaires pour valider un diplôme ou trouver un emploi".

Il reste cependant de la marge: un jeune diplômé stagiaire coûte aujourd'hui 6 fois moins cher environ que l'embauche d'un salarié au SMIC.