Le bilan écologique des biocarburants varie beaucoup selon le type de cultures utilisé, selon une étude publiée vendredi par l'Ademe, l'Agence pour le développement et la maîtrise de l'énergie.

Le bilan est franchement médiocre pour la filière ETBE, issue des éthanols de betterave, de blé, de maïs: avec à peine 20% d'émissions en moins ne passeront tout simplement pas la rampe de la future directive européenne qui, à partir de 2017, exigera une économie de GES de 50% au moins.

Au tableau d'honneur, le rapport accroche l'éthanol de canne à sucre (90% de GES en moins) et le diester produit à partir de graisse animale ou d'huile végétale usée.

Dans la moyenne figurent l'éthanol de blé, le biodiesel de tournesol, l'huile de palme ou de soja. "La grande majorité" des agrocarburants de première génération s'avèrent moins émissifs de gaz à effet de serre (GES) que les carburants fossiles, représentant une économie moyenne de 60 à 80% pour les plus performants, conclut cette étude réalisée par le bureau Bio Intelligence Service pour le compte de l'Ademe.

Les changements de culture non compris dans l'étude

La principale critique faite aux agrocarburants est leur impact sur l'alimentation humaine dans le monde. Or, cette étude ne prend pas en compte le le changement d'affectation des sols: par exemple, une forêt qui devient un champ de céréales ou de soja. "On peut avoir des émissions 2 à 4 fois supérieures du fait du changement d'affectation des sols: on peut alors parler de bilans catastrophiques", indique M. Bal, mentionnant l'exemple de l'huile de palme ou de soja, produites sur le sol d'anciennes forêts tropicales.

"Globalement en France, on est sûr de ne pas avoir de changement d'affectation des sols direct et au sein de l'Union européenne, on a une certaine sécurité sur ce point", assure-t-il. "Mais si vous utilisez du blé pour produire de l'éthanol, cette culture sera compensée ailleurs dans le monde. Avec le risque qu'elle le soit sur une ancienne prairie, hors de l'UE", nuance-t-il.

L'étude dresse en revanche l'impact de la culture des plantes - énergie consommée, engrais... - jusqu'à leur transport et transformation industrielle.

L'Ademe a précipité vendredi la mise en ligne de cette étude attendue depuis plusieurs mois afin de répondre aux critiques qui la suspectaient de taire un bilan contrasté alors qu'elle lançait, cette semaine, la phase expérimentale des carburants de 2de génération. Produits à partir d'herbes et de résidus agricoles et forestiers, cette 2e génération permettrait d'utiliser une plus grande variétés de plantes et ne se substituerait pas, a priori, à des cultures alimentaires.