Les syndicats ont pu, lundi 12 octobre, donner leur avis sur les priorités de dépenses dans le cadre du grand emprunt à venir en 2010. Une consultation boudée par la CGT, en désaccord avec l'idée même d'emprunt.
Les ministres des relations sociales, Xavier Darcos, et du Budget, Eric Woerth, ont reçu un par un les secrétaires généraux de la CFDT François Chérèque et de FO Jean-Claude Mailly, ainsi que le président de la CFE-CGC Bernard van Craeynest. Mercredi, ce sera le tour du président de la CFTC Jacques Voisin et des dirigeants patronaux, dont Laurence Parisot, présidente du Medef.
Penser à l'après-crise
Pour Nicolas Sarkozy, cet emprunt doit permettre de "penser dès à présent à l'après-crise". "La finalité ultime des investissements" ainsi financés, "c'est de répondre aux besoins de la France de demain", avait-il déclaré fin août en installant la commission Juppé-Rocard chargée de définir "des priorités stratégiques".
Mais les modalités de financement et le montant même de l'emprunt sont encore très flous. Selon M. Woerth, "les priorités doivent être très peu nombreuses" et 100 milliards d'euros seraient "beaucoup trop". Michel Rocard avait quant à lui récemment estimé que le grand emprunt ne pourrait pas dépasser 20 milliards d'euros.
Bonnes conditions
Une fois n'est pas coutume, la CGT a décidé de boycotter cette consultation. Selon l'économiste de la centrale syndicale, Jean-Christophe Le Duigou, "l'instrument du grand emprunt risque d'enrichir beaucoup les épargnants qui ont les moyens d'y souscrire", grâce à un taux d'intérêt rémunérateur, ce qui se traduira par "un coût élevé pour le contribuable".
A son arrivée au ministère du Travail, M. Mailly a estimé quant à lui que "l'effet positif d'un emprunt, s'il est fait dans de bonnes conditions, peut être de bien cibler la dépense sur certaines priorités". Il a insisté pour que l'emprunt soit souscrit "auprès des institutions financières" et que les banques fassent "zéro profit" dans cette opération.
Déficit public
Il a d'autre part exprimé la crainte que l'aggravation de l'endettement provoquée par l'emprunt conduise le gouvernement à "serrer les boulons à fond contre les déficits publics et sociaux" lorsque la situation économique se sera améliorée. Le montant du déficit pour 2009 est en effet colossal et devrait s'accentuer l'année prochaine.
Les priorités de dépenses du grand emprunt font enfin plutôt consensus entre les syndicats. M. Chérèque a mis en avant deux priorités: d'abord, "tout ce qui est lié au développement durable", et à la protection de la planète (voiture propre, maison propre)", ensuite, "tout ce qui est lié (au) vieillissement de la population" et qui implique de pousser "la recherche fondamentale dans les médicaments".
M. Mailly y a ajouté le financement du fonds de réserve des retraites et M. van Craeynest "la rénovation des maisons de retraite".






















