Après les syndicats lundi 12 octobre, le Medef est lui aussi invité à donner son avis sur le grand emprunt. Selon sa présidente, Laurence Parisot, le critère prioritaire pour sélectionner les projets financés doit être "la rentabilité" et "le retour sur investissement".

Le grand emprunt "ne sera utile à notre pays que si les projets initiés sont d'une manière certaine rentables à un horizon raisonnable, dix ou quinze ans au maximum", a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse.

Etudes d'impacts

Pour la présidente du Medef, qui doit être reçue dans l'après-midi par les ministres des Relations sociales Xavier Darcos, et du Budget Eric Woerth, dans le cadre des consultations des partenaires sociaux sur le grand emprunt, cette initiative doit "dégager suffisamment de résultats pour rembourser l'emprunt et ses intérêts, sinon on ne fait qu'aggraver une situation déjà préoccupante" pour les finances publiques.

Le Medef réclame donc que les études d'impacts des projets envisagés soient menées jusqu'au bout avant toute décision.

Un nombre restreint de projets

L'organisation patronale a insisté pour que le grand emprunt ne finance qu'un "nombre restreint de projets" bénéficiant à tous les secteurs et toutes les tailles d'entreprises, et en permettant notamment de renforcer les fonds propres des PME.

Le Medef souhaite aussi mettre l'accent sur la logique de partenariats "public-privé", "meilleure façon de garantir le retour sur investissement", selon Laurence Parisot.

Cet emprunt doit ensuite se concentrer sur les "filières d'avenir" (technologies vertes et énergies renouvelables, biotechnologies et technologies de l'information) et sur les infrastructures (transport ou numérique), estime-t-elle.

Le Medef accepte enfin qu'une partie des ressources de l'emprunt aille à l'enseignement supérieur mais uniquement dans le cadre d'un partenariat avec les entreprises avec des "objectifs clairement repérables" (dépôts de brevets, publications de recherches, etc.).

Ces recommandations viennent s'ajouter à la longue liste de propositions des syndicats, ministères ou personnalités politiques. Alain Juppé et Michel Rocard, les co-présidents de la commission sur le grand emprunt, devront faire un choix et rendre leur copie à Nicolas Sarkozy à la fin du mois.