Les députés se préparent à plancher sur le budget 2010 dans un climat tendu. La baisse des recettes, le plan de relance, les garanties apportées aux banques vont continuer à creuser le défit public en 2010 à 116 milliards d'euros. De nombreux députés y compris dans les rangs de la majorité y voient une occassion pour remettre en question certains avantages liés aux niches fiscales et au bouclier fiscal.

Bouclier fiscal intouchable

Le ministre du Budget reste opposé à toute réforme du bouclier fiscal qui permet aux ménages de ne pas verser en impôts plus de 50% de leur revenu. Or, les députés UMP et du Nouveau centre demandent de sortir la CRDS et la CSG du calcul de l'assiette du bouclier. La CRDS et la CSG permettent de financer la dette de la Sécu et de combler son déficit chronique.

Malgré le déficit de la Sécu et de l'Etat, Eric Woerth a rappelé, mardi, le dogme absolu de la politique budgétaire de Nicolas Sarkozy: pas de hausse d'impôt, ni révision de l'assiette du bouclier fiscal. "La prochaine étape, lorsqu'on a fait sauter le verrou du bouclier fiscal, c'est faire sauter le verrou des hausses d'impôt pour tout le monde!", a prévenu M. Woerth.

En revanche, Eric Woerth s'est dit "ouvert" à l'abaissement du plafond global des niches fiscales, dans un entretien aux Echos. Depuis un an, le montant des réductions d'impôts liées aux avantages fiscaux ne peut dépasser 10% du revenu du contribuable plus 25.000 euros. C'est cette dernière somme qu'il s'agirait de raboter pour la faire passer à 20.000 euros.

Hausse inquiétante de la dette

Dans son rapport sur la loi de Finances 2010, le rapporteur général du Budget, Gilles Carrez (UMP) met en garde le gouvernement contre une répétition des mêmes "erreurs" commises après les crises de 1982 et 1993. A la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, la dette publique risque de s'envoler à 90% du PIB et le service de la dette (la charge des intérêts) pourraient rapidement devenir le premier poste de dépense de l'Etat, prévient-il.

Le gouvernement n'entend pas augmenter les impôts en 2010. Il espère se rattraper un peu sur le retour de la croissance (de 0,75 à 1% prévue en 2010). Le rapporteur du budget estime qu'il faudrait une croissance de 3% pour seulement stabiliser l'endettement.