La question des déficits publics est au coeur de l'examen actuel par les parlementaires du projet de loi de finances et de financement de la sécurité sociale. Le premier ministre prévoit de le ramener "en dessous" de 3% "à l'horizon 2014", dans les clous du traité de Maastricht. Le retour à l'équilibre est, lui, envisagé pour 2016, explique-t-il dans une interview au Monde datée de vendredi.
Pour atteindre cet objectif, le premier ministre n'a pas caché la nécessité d'une politique de rigueur. "Je présenterai début 2010 au Parlement une stratégie de finances publiques qui nous donnera les moyens de descendre en dessous des 3% de déficit à l'horizon de 2014, au prix d'efforts très importants, puisqu'il faudrait faire un effort de réduction de plus de 1% par an", précise-t-il.
"L'objectif est de progresser parallèlement à l'Allemagne qui s'est fixée comme objectif un équilibre en 2016", ajoute le chef du gouvernement.
En 2007, Nicolas Sarkozy avait prévu d'arriver à l'équilibre budgétaire en 2012 mais la crise économique est venue bousculer cet échéancier. "Du fait de la crise, nous sommes victimes d'un recul de 20% des recettes fiscales", constate M. Fillon.
Dépenses publiques maîtrisées
"Depuis trois ans, toutes les dépenses de l'Etat sont maintenues à zéro volume, c'est la première fois de la cinquième République et nous allons continuer", se félicite-t-il. "Nous avons à peu près les solutions pour maîtriser les dépenses de l'Etat. Si on a un peu de croissance et que les dépenses de l'Etat n'augmentent pas, cette question peut être réglée assez vite",
Le premier ministre exclut cependant d'inscrire dans la constitution l'obligation de présenter un budget en équilibre, comme le demande le Nouveau centre, partenaire de l'UMP dans la majorité. "Je crois moins à la contrainte constitutionnelle qu'à une vraie prise de conscience nationale sur les efforts à conduire", fait valoir M. Fillon.
Pas de pression inflationniste
Dans son interview, François Fillon a également fait preuve d'un certain optimisme sur la situation économique française. Alors que la banque centrale américaine maintient ses taux, le premier ministre a précisé de son côté qu'il ne craignait pas non plus une hausse des taux d'intérêt car il n'y a pas "de pression inflationniste". "Je m'en suis entretenu mardi (ndlr: 3 novembre) avec Christian Noyer le gouverneur de la banque de France", ajoute le premier ministre.
"Plus de 1%" de croissance
François Fillon a répété, en outre, qu'il prévoyait "sans doute" de réviser à la hausse les prévisions de croissance pour 2010, actuellement fixées à 0,75% dans le projet de budget, sans pour autant donner de chiffres. Mi-octobre, il avait déjà affirmé que la croissance serait "sans doute" de "plus de 1%" en se fondant sur des estimations données par les économistes.
Après quatre trimestres de croissance négative, l'économie française est sortie de la récession au deuxième trimestre, avec une progression du produit intérieur brut (PIB) de 0,3% par rapport au trimestre précédent. Pour l'ensemble de 2009, le gouvernement table sur un recul du PIB de 2,25%.


















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