Les investisseurs américains en France ne sont pas follement optimistes pour 2010. Seuls 32% d'entre eux tablent sur une évolution positive de l'activité dans leur secteur, selon la Baromètre 2009 Bain & Company réalisé pour l'American Chamber of Commerce (AmCham). Sur 2009, ils ne sont que 11% à être optimiste.

L'emploi, de son côté, pourrait reprendre légèrement, même si 60% des sondés estiment que leurs effectifs resteront stables en 2010. "Même si cela n'est pas très spectaculaire, le nombre d'entreprises qui prévoient d'embaucher (23%) est supérieur à celui des sociétés qui pensent licencier (16%)", relève Bertrand Pointeau, associé chez Bain & Company et responsable de l'étude.

Dans ce contexte, la France demeure attractive pour 66% des sondés. Ces derniers apprécient, et c'est nouveau, la solidité du système bancaire hexagonal. Ils approuvent aussi les mesures anti-crise du gouvernement: 84% les jugent adaptées.

Rigidités

En revanche, les points faibles traditionnels de la France aux yeux des investisseurs américains sont encore plus montrés du doigt que d'habitude, comme le coût du travail, la rigidité du droit social et le manque de souplesse de l'organisation du temps de travail. En temps de crise, les entreprises licencient et, explique Bertrand Pointeau, "les critères relatifs aux coûts et aux procédures de licenciement deviennent plus prégnants".

Ces rigidités ont aussi leur bon côté. Elles ont en effet permi, en partie, de stabiliser mieux qu'ailleurs la situation économique, comme l'a expliqué le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez lors d'un récent déjeuner à l'AmCham. Les patrons de succursales américaines en France le reconnaissent implicitement. Ils sont 83% à estimer que leur filiale française s'en sort mieux que ses homologues à l'étranger.