L'attractivité de la France en matière de Recherche et développement s'est nettement améliorée ces dernières années. Mais les entreprises ne sont pas au courant. Le constat a été établi par des participants à la présentation du Baromètre 2009 du moral des investisseurs américains en France, jeudi 19 novembre.
"La France est un paradis fiscal pour la recherche et développement", a affirmé Martha Heitzmann, vice-présidente d'Air Liquide chargée de la R&D, au cours d'une conférence de presse. En effet, "les critères pour obtenir des crédits d'impôts recherche ont été considérablement allégés en 2006 et 2007".
Les compétences humaines, critère d'attractivité crucial, sont aussi présentes grâce au système des grandes écoles, a souligné la dirigeante, aussi membre du conseil d'administration de l'Association nationale pour la recherche et les technologies (ANRT).
Jusqu'à 60% de crédit d'impôt
Exemple de mesures ayant renforcé l'attractivité de la France, "l'Etat a décidé de retirer le plafond, en termes de masse salariale, jusqu'où une entreprise pouvait profiter des crédits d'impôt", rappelle Martha Heitzmann. Une mesure qui a particulièrement profité aux grands groupes. Aujourd'hui, une entreprise peut bénéficier de crédit d'impôt équivalant à 30% de sa masse salariale en R&D. Ce taux grimpe jusqu'à 60% dans le cas de partenariats avec le CNRS.
Grâce à ces dispositifs, Air Liquide a pu stabiliser ses effectifs R&D en France. L'entreprise spécialisée dans les gaz industriels dépense au total 224 millions d'euros par an en R&D et emploie 350 personnes en France dans ce domaine.
"Politique défensive"
Ces mesures incitatives ne sont pas les seules à être ignorées des investisseurs étrangers. Voire même français. "Les entreprises peuvent profiter par exemple de la mise en place des pôles de compétitivité. Or, une seule, BASF, a participé en tant que membre fondateur à la mise en place d'un de ces pôles", regrette Martha Heitzmann.
Un remède? "La France a mené une politique défensive pour lutter contre la fuite des cerveaux. Maintenant, il faut faire en sorte que les grands groupes internationaux soient au courant".
Certains en profitent déjà. Le groupe chinois Huawei a annoncé en septembre qu'il implantait un centre de recherche en région parisienne. Et Microsoft a décidé d'installer en France son centre européen de recherche et développement.


















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