Le nouveau patron d'Electricité de France (EDF), Henri Proglio, a réaffirmé lundi dans les Echos son ambition dans la filière nucléaire française, estimant que son groupe doit en devenir le chef de file car, dans l'état actuel, elle "ne fonctionne pas".
"Il faut que toute la filière (nucléaire, ndrl) se range derrière EDF", redit M. Proglio qui prend ses fonctions à la tête de l'électricien ce lundi. Areva et EDF se disputent depuis plusieurs années le leadership du nucléaire français.
Le 18 novembre, M. Proglio avait déjà souhaité qu'EDF redevienne le chef de file de la filière nucléaire française et préconisé une ouverture du capital de la filiale de réacteurs d'Areva, qui selon lui doit redevenir un "sous-traitant important".
La ministre de l'Economie Christine Lagarde l'avait alors remis à sa place en estimant qu'il aurait déjà beaucoup à faire et qu'il fallait mieux que "chacun s'occupe de ses dossiers".
"Je n'ai pas l'habitude du politiquement correct", a réagi M. Proglio. "On voit bien que dans la configuration actuelle, la filière nucléaire ne fonctionne pas", a-t-il jugé, déplorant qu'on ait créé "une certaine pagaille" dans le secteur "en dispersant les compétences". Selon lui, il faut donc qu'EDF reprenne la main et élargisse sa gamme de produits.
"Connaissez-vous beaucoup d'entreprises disposant d'un seul produit en catalogue?", a souligné le nouveau patron. "Il y avait bien Ford et sa Ford T. Mais c'était il y a 100 ans et lui au moins savait la construire et la vendre", a-t-il ironisé, faisant allusion aux retards accumulés par EDF dans la construction du réacteur de troisième génération EPR.






















