Même si les critiques fusent, Nicolas Sarkozy n'en démord pas. Il a défendu lundi "sans remords" la fusion ANPE-Assedic et salué les agents de Pôle emploi pour leur travail et les changements acceptés, sans exclure de nouveaux renforts temporaires d'effectifs pour faire face à l'afflux de chômeurs lié à la crise.
Devant 1.700 dirigeants de l'organisme réunis au Parc des expositions à Paris, le chef de l'Etat a assuré être "fier" de leur travail mais conscient des "difficultés" liés à la conjonction de la crise et d'une fusion pouvant "bouleverser (leur) vie professionnelle".
Embauches temporaires
Tous les syndicats de Pôle emploi, y compris les plus modérés, dénoncent de leur côté les difficultés, notamment matérielles (bureaux, informatique, etc), de la fusion. Le mécontentement des salariés a d'ailleurs déjà suscité plusieurs grèves.
Face aux demandes persistantes des syndicats d'effectifs supplémentaires pour répondre à la hausse du chômage, M. Sarkozy n'est "pas fermé" à des renforts en CDD "dans les régions où la situation est la plus tendue", notamment la Franche-Comté, le Poitou-Charentes et le Centre. Il a cependant refusé des embauches définitives, au-delà de la fin de la crise.
Chômage en hausse
Le nombre de demandeurs d'emploi que les conseillers doivent aider a atteint un record de plus de 94 personnes par conseiller, selon la direction, contre des des objectifs de 30 à 60 affichés par le gouvernement lors de la fusion. Et la situation ne devrait pas s'arranger en 2010: la France connaîtra "pendant plusieurs mois le risque d'une augmentation du nombre de chômeurs" même si le rythme s'est "un peu infléchi" depuis début 2009, a observé M. Charpy.
Pôle emploi, dont les effectifs ont été accrus de 1.840 salariés en CDI puis de 500 CDD ensuite titularisés, compte quelque 48.000 salariés.
La fusion ANPE-Assedic n'est "pas une lubie", a martelé M. Sarkozy à la tribune non loin du directeur général Christian Charpy. Il a assuré n'avoir "pas de remords sur cette réforme" qui vise à apporter plus de "simplicité" aux demandeurs d'emploi, dont un interlocuteur et un lieu uniques.
Fusion en cours
"Grâce à la fusion, nous pourrons mettre en 2010 1.300 agents de plus en contact avec le public", a-t-il assuré, en présence de la ministre et du secrétaire d'Etat chargés de l'Emploi Christine Lagarde et Laurent Wauquiez. Souhaitant le déploiement d'ici fin 2009 des sites mixtes réunissant ex-ANPE et ex-Assedic, M. Sarkozy a démenti toute "marche forcée".
Les sites mixtes, 575 actuellement, devraient être en place en "quasi totalité" (903) fin 2009 avec "peut-être quelques reports" en 2010, mais "la situation actuelle de trop nombreux sites mixtes demeure insatisfaisante", dont les conditions de travail, a reconnu M. Charpy. Près d'un an après la création de Pôle emploi "dans la tourmente" de la crise, son DG a admis que "certaines réalisations sont encore inachevées".
Entretien unique
Pôle emploi prendra "un peu de temps avant de mettre en oeuvre l'entretien unique d'inscription" qui suppose la polyvalence des agents, a-t-il noté tout en jugeant "pas réaliste" l'idée "d'un métier unique où chacun pourrait tout faire". Quant au numéro unique pour les entreprises, 3995, annoncé pour l'automne, il sera seulement "déployé à partir de la fin de l'année", selon lui.
Après l'intervention de Nicolas Sarkozy, une responsable de site Pôle emploi qui a requis l'anonymat, a déploré "seulement de bonnes intentions qui ne changent pas le quotidien, fait pour l'instant du mal-être des conseillers et de problèmes logistiques, comme le fait de jongler pour trouver un bureau".


















