Le déficit public de la France se creuse inexorablement comme celui de l'ensemble des pays du monde. Et les grands dirigeants mondiaux sont divisés sur les politiques à mener pour éviter une rechute de l'économie mondiale. Faut-il poursuivre les investissements publics quitte à accroître les déficits et alourdir les dettes des Etats? Faut-il d'ores et déjà entamer des politiques de rigueur quitte à peser sur la consommation des ménages et freiner la reprise? La question est difficile à trancher. Car tous s'accordent sur un point: les dettes publiques sont une véritable menace pour l'économie mondiale.
Parlons plus précisément de celle de la France. Voici ce qu'il faut retenir pour tout comprendre:
Le déficit
- Le déficit du budget général de l'Etat devrait s'établir à 141 milliards d'euros en 2009, selon les chiffres du gouvernement. Il a continué à se creuser au 3e trimestre, a reconnu récemment le Premier ministre François Fillon et atteint 134,8 milliards à fin octobre. Le projet de loi de finances pour 2010 adopté par l'Assemblée nationale table sur 115,94 milliards d'euros de déficit. Le Sénat, lors de son examen, l'a alourdi le 26 novembre faisant passer le déficit de l'Etat à 117,6 milliards d'euro pour 2010, un chiffre jamais vu.
- En rajoutant le déficit de la Sécurité sociale (24 milliards en 2009 et 30 milliards en 2010), le déficit total de la France se situe aux alentour de 165 milliards d'euros pour 2009.
- 1 point de déficit en % du PIB représente 20 milliards d'euros (le PIB de la France atteint 2.000 milliards).
- Le déficit public de la France représente donc 8,2% du PIB en 2009 d'après les chiffres provisoires.
- Le gouvernement prévoit de le ramener "en dessous" de 3% "à l'horizon 2014", dans les clous du Pacte de stabilité du traité de Maastricht.
- Pour 2010, le gouvernement table sur une croissance comprise entre 0,75% et 1%. En 2009, l'activité a reculé de 2,25% selon les estimations gouvernementales réalisées avant la fin de l'année et de 2,2% selon l'OCDE.
La dette
- En 2009, les recettes de l'Etat ne couvraient que la moitié de ses dépenses. Pour faire face à cette situation, la France emprunte.
- Les mesures de soutien à l'économie, représentent 1,5 point de PIB.
- Faute de recettes suffisantes, la dette de la France va se creuser pour atteindre 83% du PIB fin 2010 (contre 74% en 2009 à 1.428 milliards d'euros) soit plus de 47.000 euros par Français ayant un emploi. En d'autres termes, s'il fallait rembourser toute notre dette en un an, il faudrait y consacrer 83% de la richesse créée durant toute l'année 2010.
- Les seuls intérêts de la dette française se monteront à 42,4 milliards d'euros pour la France en 2010.
- La part de la charge de la dette dans les dépenses du budget général de la France sera de 14,9% en 2010 contre 13,2% en 2009 et 16,2% en 2008. Cette baisse s'explique par un niveau historiquement faible des taux d'intérêt.
- Les taux directeurs des banques centrales pourraient augmenter. Or, selon les simulations de l'Agence France Trésor, un accroissement de 1% du niveau des taux majorerait mécaniquement la charge de la dette de 2,5 milliards d'euros en 2010 et de 14,5 milliards d'euros en 2018.
- La prévision pour 2010 ne tient pas compte du grand emprunt (35 milliards). Au-delà de 35 milliards, la note de la France attribuée par les agences de notation aurait pu être révisé à la baisse, ce qui aurait rendu l'endettement plus coûteux.
Quand la dette s'alourdit et qu'un Etat ne peut plus y faire face: il emprunte. Il alourdit donc encore sa dette… D'où le besoin de réduction des déficits. Mais compte tenu de la conjoncture, la seule maîtrise des dépenses ne suffira pas. Il va être nécessaire pour l'Etat d'augmenter ses recettes. Des hausses d'impôts sont donc à prévoir malgré tous les démentis.

















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