La commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale va supprimer l'interdiction faite au président de La Poste Jean-Paul Bailly de siéger au conseil d'administration d'autres entreprises, a indiqué jeudi son président UMP Patrick Ollier.

Une disposition votée par le Sénat dans la réforme du statut de La Poste prévoit que "le président du conseil d'administration de la Poste ne peut détenir en parallèle aucune autre responsabilité dans une entreprise".

M. Bailly lui-même s'est dit mercredi 25 novemebre opposé à cette mesure, lors d'une audition devant des députés. Adopté au Sénat, le projet de loi, qui transforme au 1er janvier 2010 l'établissement public en société anonyme à capitaux publics , doit être examiné à partir du 1er décembre en commission à l'Assemblée, puis à partir du 15 décembre en séance.

"Inacceptable"

Jugeant cette disposition "absurde", M. Ollier a déclaré lors d'une rencontre avec des journalistes: "je trouve malvenu que dans un texte de loi on empêche le président de La Poste de siéger par exemple au conseil d'administration de la Banque Postale".

"Les PDG d'entreprises privées ont le droit de le faire, c'est inacceptable" que ce ne soit pas possible pour le patron de La Poste, a-t-il estimé. "Nous allons supprimer cette mesure" lors de l'examen en commission, qui doit durer jusqu'au 8 décembre, a-t-il annoncé.

"Nous sommes satisfaits du travail qui a été fait au Sénat, en dehors de quelques modifications" à apporter, a-t-il par ailleurs indiqué.

Parmi les aménagements envisagés, M. Ollier a cité une plus grande accessibilité bancaire à La Poste. Il s'est aussi déclaré "très réticent" à l'installation de points d'accès internet dans les bureaux de poste, votée au Sénat.

"Imprivatisable"

M. Ollier est par ailleurs revenu sur la volonté du ministre de l'Industrie Christian Estrosi de rendre La Poste "imprivatisable": "le caractère imprivatisable ne peut pas être indiqué dans la loi car une loi demain peut le remettre en cause", a-t-il estimé.

Alors qu'au Sénat, le texte a donné lieu à huit jours de marathon parlementaire avec une bataille d'amendements - plus de 620 - menée par la gauche, à l'Assemblée le débat ne pourra pas durer plus de 30 heures, a précisé M. Ollier.