Le moral des ménages français a accéléré sa remontée en novembre avec un bond de quatre points par rapport au mois précédent et quitte ainsi les profondeurs où il s'était enfoncé au début de la crise, a annoncé vendredi l'Insee.
Il s'agit de la plus forte hausse mensuelle depuis mai 2007, relève Frédérique Cerisier de BNP Paribas, ce qui indique que "l'amélioration de la situation conjoncturelle commence à être perçue par les ménages".
"Nette amélioration"
L'opinion des ménages sur la situation économique, qui avait touché un plancher historique à l'été 2008 à -48 points, avait par la suite entamé un redressement très lent et progressif marqué par quelques coups d'arrêt. En novembre, avec cette "nette amélioration", il s'établit à -30 points, affirme l'Institut national de la statistique.
"L’indicateur quitte les niveaux historiquement bas où il était descendu depuis fin 2007", explique-t-il, mais il n'a pas encore renoué avec sa moyenne de longue période (-18 points), retrouvant seulement "les précédentes valeurs plancher des quinze dernières années, lors des creux de 1995-1996 et de 2005".
L'opinion des ménages sur leur niveau de vie et sur leur situation financière, passés et futurs, se redresse aussi nettement en novembre après avoir longtemps stagné. Il en va de même de la perception de leur situation financière actuelle.
La crainte face au chômage diminue
La crainte face à une augmentation future du chômage continue elle de diminuer, mais beaucoup plus lentement que ces derniers mois. Il faudra "plusieurs mois avant que le redressement de l'activité ne se traduise par une amélioration substantielle de la situation des ménages, notamment au travers d'un redémarrage des créations d'emplois", selon Frédérique Cerisier.
De fait, malgré le retour de la croissance au printemps après un an de récession, le marché de l'emploi n'est pas encore sorti d'affaire. Le mois d'octobre a même enregistré une nouvelle accélération sensible du nombre d'inscriptions au chômage, selon des chiffres publiés jeudi 26 novembre au soir, laissant présager que les effets de la crise vont perdurer bien au-delà de la fin de l'année.
Cela n'empêche pas les ménages de juger plus opportun de faire des achats importants, un signe rassurant pour la consommation qui a résisté jusqu'ici face à la crise et a encore augmenté en octobre.
Concernant l'inflation, ils continuent, comme ils le font depuis plus de six mois, de penser que les prix ne devraient augmenter que faiblement. Parallèlement, la proportion de ménages qui estiment que le moment est opportun pour épargner et qu'ils pourront le faire prochainement est en sensible hausse.

















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