La crise de 2008 a frappé avec une synchronisation étonnante tous les pays développés, entraînés en même temps par les crispations du secteur financier.

Mais le retour à de bonnes conditions sur ces marchés ne permettra pas à tous les pays de se relever simultanément.

La sortie de crise se fera elle en ordre dispersé, prévoit l'Insee dans sa note de conjoncture de décembre. D'après ses prévisions, la France va se situer avec les Etats-Unis et l'Allemagne dans le groupe de pays qui va bien se remettre sur pieds, grâce à ses propres ressources. A l'inverse le Japon, le Royaume-Uni, l'Italie ou encore l'Espagne seront pénalisés par la faiblesse de la demande intérieure.

En ordre dipsersé

"La croissance française serait ainsi portée par son moteur traditionnel, la consommation", note l'Insee. La croissance va s'arrimer à un rythme régulier proche de 0,4 % par trimestre jusqu’à la mi-2010, prévoient les économistes de l'Insee.

La sortie de récession reste laborieuse, la croissance étant inférieure à son rythme tendanciel.

Car le moteur de la consommation ne fonctionnera pas à plein régime: "après un rebond marqué au quatrième trimestre, imputable à l’effet 'prime à la casse', la consommation des ménages progresserait ensuite à un rythme de 0,2% par trimestre", note l'Insee.

Le pouvoir d'achat des ménages devrait ralentir au premier semestre 2010 à cause "d'un regain d’inflation, associé à une remontée des prix des matières premières, et par la disparition des mesures de soutien exceptionnelles de 2009", explique l'Insee.

Performance moyenne de la France

Du côté des entreprises, la reprise de la demande sera lente, l'investissement va repartir progressivement "mais des surcapacités toujours importantes en limiteraient le rebond", écrit l'Insee. "L'emploi marchand reculerait encore, car les entreprises continueraient de restaurer leur productivité.", ajoute t-il.

Plus précisément, l'activité industrielle sera à la peine, après un rebond à la mi-2009. À l'inverse, l’activité dans les services va soutenir l’économie de façon continue et "l’ajustement du marché immobilier, s'il n'est pas encore terminé, pèserait de moins en moins sur la croissance dans les prochains trimestres".

Au final, la France qui s'en est relativement mieux sortie que ses voisins dans la crise, va se situer dans la moyenne des performances économiques de l’ensemble des économies avancées.

"Sur l’année 2009, le PIB serait en baisse de 2,3 % après une croissance de 0,3% en 2008. Mais l’acquis de croissance pour 2010 à l’issue du deuxième trimestre serait positif (+1,1 %)", prévoit l'Insee.