Les agents de la SNCF ne travaillent pas assez. C'est ce que l'on pourrait entendre au café du commerce. Mais c'est aussi ce qu'écrit très sérieusement la Cour des comptes dans son dernier rapport annuel.

"Pour les conducteurs de ligne, la durée journalière de travail effectif – qui ne se confond pas avec le temps de conduite – est en moyenne de 6h22", a calculé la Cour qui reproche aux salariés du groupe public de souffrir d'un manque de productivité.

Malgré les efforts réalisés dans la perspective de l'ouverture à la concurrence, "la productivité du travail s'est trop peu améliorée dans les cinq dernières années", souligne les auteurs du rapport. Par exemple, "l'écart de productivité entre la SNCF et les entreprises concurrentes dans le secteur du fret est de l'ordre de 30%."

Faible productivité et coût élevé

Le coût moyen par agent est en revanche élevé et même en hausse, pointe la Cour, car la masse salariale reste trop importante.

En 1999 et 2001, la mise en place des 35 heures a conduit à une hausse des effectifs estimée entre 7.000 et 7.500 agents. Ce fût une parenthèse. A partir de 2001, le groupe a repris sa politique de réduction des effectifs mais les postes créés avec la mise en place des 35 heures représentent encore la moitié de ceux qui ont été supprimés durant les 7 années suivantes entre 2001 et 2008.

La réforme du régime spécial de retraites des agents de la SNCF, aligné sur celui des autres fonctionnaires, a également entraîné un alourdissement de la charge de rémunérations et de cotisations sociales pour des cheminots qui travaillent plus longtemps. Les départs en retraites sont mécaniquement moins importants, ce qui gonfle la masse salariale.

L'impact de la réforme du régime des retraites sur les comptes de la SNCF est ainsi évalué à 380 millions annuels sur la période 2010-2030.

Climat social

Enfin, la Cour estime que les relations sociales ont aussi un impact sur la productivité même si les grèves nationales ont tendance à diminuer. Le nombre de jours de grève en 2008 est inférieur à celui de 2000 grâce à une décélération entre 2000 et 2006 mais il est reparti à la hausse depuis.

"L'entreprise n'est pas parvenue à assouplir suffisamment un cadre social strictement réglementé", écrivent les auteurs du rapport qui saluent par ailleurs les récentes réformes (retraites, représentativité syndicale, continuité du service public et du dialogue social…).