Ce matin sur RTL, le Premier ministre François Fillon s'est inquiété d'une "panne de croissance" pour 2009 en France, avec des "conséquences" sur l'emploi, l'activité économique et le pouvoir d'achat. Selon les prévisions, la croissance devrait plafonner à 0,2% en 2009. Mais le chef du gouvernement a estimé "qu'il ne s'agit pas d'une récession, au sens le plus profond", d'où le terme de "panne".

Le budget toujours construit sur 1% de croissance

La situation économique dépendra fortement de la conjoncture des Etats-Unis. "Si l'économie américaine redémarre vite, avec la vigueur du plan qu'on est en train de mettre en place en Europe, on a des chances de sortir rapidement de cette situation dans le courant de l'année 2009. Si l'économie américaine s'installe dans une récession, la situation serait très difficile", a-t-il annoncé. Or, selon Janet Yellen, présidente de la banque de Réserve fédérale de San Francisco, a confirmé, mardi 14 octobre, que l'économie américaine ne connaîtrait "aucune croissance" pour le 3e trimestre 2008 et qu'elle se contracterait au quatrième. Rien en revanche sur 2009.

Dans ce contexte, le Premier ministre français s'attend à "une légère dégradation" des prévisions du déficit public. Pour autant, il a jugé inutile de "rebâtir" le projet de budget de l'Etat pour 2009, soulignant que la crise ne modifierait pas l'engagement de l'exécutif de "tenir les dépenses". Le projet de loi de finances qu'examinera l'Assemblée nationale à partir du 20 octobre, a été bâti sur l'hypothèse de 1% de croissance, une approche "très, très prudente", selon lui.

Chômage

La situation sur le front de l'emploi est également très dégradée en France. L'Unedic qui gère le régime d'assurance chômage, prévoit une hausse du nombre de chômeurs de 46.000 en 2008 et un déficit cumulé un peu creusé à 5,09 milliards d'euros fin 2008. Cette annonce, faite mardi 14 octobre, contraste fortement avec les prévisions précédentes. L'Unedic attendait une baisse de 80.000 chômeurs en juin.

Pour répondre à l'augmentation prévue du chômage, François Fillon a indiqué que les emplois aidés augmenteraient "sans doute un peu" en 2009 pour servir d'"amortisseur" à la crise. Tout en soulignant que cela ne pouvait "pas être une solution au problème du chômage".