2.004.500, c'est le nombre de de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie 1 à la fin octobre 2008, selon les chiffres du ministère de l'Economie. Le seuil des 2 millions de chômeurs a été à nouveau franchi. Ce chiffre était tombé sous la barre symbolique des deux millions de personnes en mai 2007, mois de l'élection présidentielle. Il faut remonter à mars 1993 pour retrouver une hausse mensuelle plus forte.

Le nombre de demandeurs d'emploi augmente de 2,4% (+46.900) au mois d'octobre. Sur un an, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie 1 est en hausse de 4,4% (+6,7% pour les hommes et +2,0% pour les femmes).

Le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 ans inscrits en catégorie 1 croît de 4,3 % au mois d’octobre (+8,3 % sur un an). Le nombre de demandeurs d’emploi âgés de 25 à 49 ans augmente de 2,1 % (+3,5 % sur un an) et celui des demandeurs d’emploi de 50 ans ou plus est en hausse de 1,2 % au mois d’octobre (+4,1 % sur un an).

Prévenu

Les chiffres sont mauvais. Il fallait s'y attendre. La tendance est "très mauvaise", avait prévenu dans la semaine le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez. Elle est arrivée par le secteur intérimaire, puis a touché les CDD. Le secteur du BTP a été touché de plein fouet.

L'OCDE a prévu que le taux de chômage en France en 2009 grimpe à 8,2% de la population active et à 8,7% en 2010. Le gouvernement vise 5% en 2012. Depuis plusieurs mois, les annonces de suppressions de postes se multiplient avec une très nette accélération depuis le début de la crise. ArcelorMittal a encore annoncé ce jeudi qu'il allait supprimer 6.000 emplois en Europe.

Chômage partiel

Pour faire face à cette situation, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures. La ministre de l'Economie Christine Lagarde et le ministre du Travail Xavier Bertrand ont exprimé leur souhait de voir la durée possible du chômage partiel allonger et les minima remonter. Le président de la République a été plus précis, mardi 25 novembre, proposant de faire passer les heures de chômage partiel "de 600 à 800 voire à 1.000 dans les secteurs les plus en difficultés". "Je pense qu'on doit porter de quatre à six semaines la durée consécutive d'activité partielle", a-t-il déclaré. Le chef de l'Etat a enfin jugé "urgent de relever le montant minimum de l'indemnisation" du chômage partiel "pour la porter au niveau du Smic" et demandé aux partenaires sociaux "d'augmenter le taux de prise en charge des rémunérations perdues qui n'est aujourd'hui que de 50%".

Contrat de transition professionnelle

Nicolas Sarkozy s'est également exprimé en faveur d'une extension du contrat de transition professionnelle. Expérimenté depuis 2006, le contrat de transition professionnelle va être étendu de 7 à 25 bassins d'emplois particulièrement touchés par la crise économique. "Nous faisons plus que tripler le nombre de bassins qu'on prend, c'est considérable, et je suis prêt à aller beaucoup plus loin encore", a déclaré Nicolas Sarkozy.

Parmi les nouveaux bassins bénéficiaires du CTP, le chef de l'Etat a cité Sandouville (Seine-Maritime), siège d'une usine Renault particulièrement touchée par la crise, et la région du Niort (Deux-Sèvres), siège de la société de vente à distance Camif qui vient de faire faillite.

Emplois aidés

Fin octobre, Nicolas Sarkozy avait indiqué vouloir recourir à plus de 100.000 emplois aidés en 2009, lors de son discours sur l'emploi.

Sur la formation professionnelle, également en cours de négociation, il a brandi la menace d'un projet de loi si patronat et syndicats ne parvenaient pas à un accord "ambitieux" avant la fin de l'année. Le chef de l'Etat a enfin confirmé qu'il présenterait "d'ici moins de dix jours" un plan de relance "assez massif" de l'économie visant notamment les secteurs de l'automobile et du bâtiment.