Les agents immobiliers doutent que le plan de relance du gouvernement suffise à sortir le secteur du logement du marasme. Ils craignent même que la situation ne s'aggrave l'an prochain.
Le plan de relance de l'économie présenté la semaine dernière par Nicolas Sarkozy prévoit principalement la construction ou l'acquisition par les bailleurs sociaux de 100.000 logements sociaux et intermédiaires en 2008 et 2009 et le doublement du prêt à taux zéro pour l'achat de logements neufs par les ménages les moins fortunés.
"Le président de la République s'est hélas arrêté en chemin. Il a tout simplement écarté le logement ancien du doublement du prêt à taux zéro (PTZ), au mépris des emplois générés dans la filière du bâtiment par le marché de la revente", a déploré, lundi 8 décembre, René Pallincourt, président de la Fédération nationale de l'immobilier (FNAIM), lors de son 62e congrès. Pour René Pallincourt, "la dépression économique s'installe". Et "il est à craindre qu'elle affecte 2009 encore plus douloureusement que 2008", car "les effets délétères de la crise" ne seront mesurables "que dans quelques mois". "Les pronostics les plus sombres n'excluent même pas qu'elle se prolonge au-delà de cette échéance", redoute-t-il.
25 à 30% des emprunteurs écartés
En effet, selon le président de la FNAIM, malgré les promesses des banques, "les critères d'octroi des prêts, qui s'étaient durcis à l'abord de l'été, sont toujours appliqués de façon drastique et démesurément sévères". "Le risque des prêteurs n'a pas varié, mais son appréciation a changé et elle conduit à exclure aujourd'hui entre 25 et 30% des emprunteurs naguère éligibles au crédit", assure-t-il.
Déjà, les agents immobiliers devraient constater une baisse "de 20 à 25%" du volume de leurs transactions à la fin de l'année par rapport à 2007, d'après le délégué général de la FNAIM Henry Buzy-Cazaux. Aussi, avertit-il, si la situation du marché immobilier ne devait pas s'améliorer en 2009, "de 10% à 15% des 200.000 actifs du secteur pourraient perdre leurs emplois dans les agences immobilières, soit 20.000 à 30.000 personnes".
Après l'euphorie
Cette brutale dégradation intervient après une période d'euphorie dans l'immobilier, avec une explosion des prix un peu partout en France, qui a vu les agences immobilières se multiplier. De 1995 à 2007, le nombre de "cartes professionnelles" (qui peuvent concerner plusieurs agences) a presque doublé, passant de 17.000 à 30.000 et progressant plus vite que les transactions, pourtant très nombreuses (+60%), réalisées par les agences immobilières, selon la FNAIM. Au point de faire tomber la part des transactions de particulier à particulier, une spécificité française, de 50% à 35% du total.

















Se réfère à