Au troisième trimestre, l'économie française a de nouveau détruit plus d'emplois qu'elle n'en a créés. C'est ce que confirment les chiffres de l'Unedic (assurance chômage) et l'Acoss.

L'Insee, qui devait publier initialement des chiffres définitifs sur l'emploi salarié au troisième trimestre, a décidé de repousser la diffusion de ces statistiques à mardi 16 décembre prochain, "en raison d'un mouvement social" des statisticiens.

10.800 emplois en moins selon l'Insee

Dans son estimation provisoire communiquée mi-novembre, l'Insee avait fait état de 10.800 emplois en moins (-0,1%) au troisième trimestre dans le secteur principalement marchand, après 27.500 destructions d'emplois au deuxième trimestre.

Ce jeudi 11 décembre, l'Unedic, au champ statistique plus étroit que celui de l'Insee, a fait état de 12.800 pertes nettes d'emplois au troisième trimestre (-0,1% comparé au trimestre précédent, +0,8% sur douze mois), après -32.000 au deuxième trimestre (-0,2%). "Si l'on fait une analogie avec le PIB, l'emploi salarié est entré en récession technique puisqu'il y a eu deux trimestres consécutifs de baisse. La dynamique de créations d'emploi à l'oeuvre depuis quatre ans est rompue", a-t-on commenté à l'Unedic. Fin septembre, le nombre de salariés dans des établissements affiliés à l'assurance chômage atteignait 16,73 millions.

Plus forte baisse depuis 1993

L'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) qui fédère les Urssaf et dont le champ est encore différent, a annoncé pour sa part 71.000 destructions d'emplois (-0,4%), après une stagnation au deuxième trimestre (0%). "Il faut remonter à 1993 pour retrouver une baisse aussi importante sur un trimestre (selon les séries d'emploi de l'Insee)", écrit l'Acoss dans un communiqué. Elle a comptabilisé 18,2 millions de salariés fin septembre.

L'intérim pèse

Fin septembre, le nombre de salariés dans des établissements affiliés à l'assurance chômage atteignait 16,73 millions. Entre fin janvier et fin septembre, 18.200 emplois ont été créés, mais le quatrième trimestre pourrait "ne pas être très bon, de sorte que le bilan final de 2008 devrait être négatif", ajoute l'Unedic, précisant que la dernière année marquée par un recul de l'emploi salarié était 2003.

L'intérim a pesé puisque 26.800 emplois intérimaires ont été détruits, portant à 88.700 les postes intérimaires supprimés en six mois. Les emplois intérimaires sont comptés dans le tertiaire, même lorsqu'il s'agit de missions effectuées dans le bâtiment ou l'industrie.

La construction s'en sort

Par secteur, la construction a été le seul secteur créateur d'emplois (+0,2% soit +2.600 postes), mais à un rythme quatre fois moindre qu'au deuxième trimestre. Sur douze mois, 41.000 emplois ont été créés dans le BTP (+2,7%).

Le tertiaire est resté stable comparé au deuxième trimestre (0%, soit +3.600 postes) et a créé 139.000 emplois (+1,2%) sur un an. L'industrie a accusé une baisse de 0,6% (-19.900 postes) et de 1,3% sur un an (-41.900).

Selon l'Acoss, l'intérim a perdu 41.000 emplois (-5,4%), après -51.000 au deuxième trimestre. Plus largement, le tertiaire a perdu 53.000 emplois (-0,4%).

Quant au BTP n'a créé que 5.000 emplois (+0,3%), tandis que la dégradation dans l'industrie s'est accélérée.