Vous entendez beaucoup parler de golden parachutes ou de golden hello lors du départ de grands dirigeants de leur société. Il ne s'agit pas de salaire mais tout simplement d'avantages financiers accordés à des patrons d'entreprise démissionnaires ou licenciés. Ces à-côtés sont dénoncés aujourd'hui par le Medef.
Denis Gauthier-Sauvagnac, président de l'Union des Industries et des Métiers de la métallurgie, soupçonné de malversation
L'affaire éclate en septembre 2007 lorsque Denis Gauthier-Sauvagnac est soupçonné d'avoir sorti 15 millions d'euros en espèces des caisses de l'UIMM entre 2000 et 2007. Cinq perquisitions ont alors lieu au siège de l'organisation patronale et au domicile de son président qui nie toute malversation. Mais la découverte d'une caisse noire évaluée à 600 millions d'euros plonge le patronat dans un scandale financier inédit contraignant Denis Gauthier-Sauvagnac à la démission.
Jean-Jacques Leguay, le trésorier de l'UIMM confirme que Denis Gauthier-Sauvagnac devait initialement toucher 1,5 million d'euros au titre d'indemnités transactionnelles. Finalement, Denis Gauthier-Sauvagnac ne touchera que la moitié de cette somme.
Serge Tchuruk, le père de la fusion Alcatel-Lucent, remercié en 2008
Quand Serge Tchuruk prend les commandes d'Alcatel en 1995, l'équipementier télécom est en pleine crise. Le résultat opérationnel est tombé de 9 % du chiffre d'affaires en 1993 à moins de 1% en 1995. La même année, le patron Pierre Suard est soupçonné d'abus de bien sociaux et doit quitter son poste. Le titre plonge de 40% en Bourse. Tchuruk prend la présidence du groupe et dix ans plus tard, Alcatel renoue avec les bénéfices. A l'annonce de la fusion en décembre 2006 avec Lucent, dont il est l'initiateur, Serge Tchuruk quitte ses fonctions exécutives et empoche 5,6 millions d'indemnités, qui correspondent à deux années de salaire. Il prend dans la foulée la présidence du conseil d'administration du nouvel ensemble Alcatel-Lucent jusqu'en septembre 2008.
Patricia Russo, la directrice générale d'Alcatel Lucent, remerciée en 2008 sur fond de divorce avec Serge Tchuruk
Décembre 2006, la fusion entre le Français Alcatel et l'Américain Lucent est actée. Patricia Russo est nommée directrice générale du groupe présidé par Serge Tchuruk. Le duo franco-américain fonctionne mal. Alcatel-Lucent accumule les pertes nettes et lance un plan de redressement qui se solde par 16.500 suppressions d'emplois dans le monde d'ici à 2009. Si la situation tourne mal, Patricia Russo est assurée d'un "golden parachute" de deux ans de salaire (en incluant les bonus) de 6 millions d'euros. Une disposition votée en 2007 par le conseil d'administration. Elle bénéficie en plus d'une retraite chapeau de 0,74 million par an.
Noël Forgeard, l'ancien co-président d'EADS, poussé à la démission en 2006
Le 6 mars 2006, EADS revoit à la baisse les livraisons de l'A380 pour 2007. Le 13 juin, la direction du groupe reconnaît qu'il y aura des retards sur l'A380. Le lendemain, l'action EADS chute de plus de 25% en une seule séance. Entre temps, Noël Forgeard a vendu ses stocks options engrangeant au passage 2,5 millions d'euros. Soupçonné de délit d'initié, Noël Forgeard se défend d'avoir profité d'informations privilégiées (retard des A380) pour vendre avant la chute du cours en Bourse. S'ajoute à ce contexte des relations tendues. Les co-présidents, l'Allemand Thomas Enders et le Français Noël Forgeard ont de plus en plus de mal à cohabiter.
Noël Forgeard est remercié. Il ne partira pas les mains vides: au terme de son contrat de travail, il a reçu "une indemnité de préavis de 6 mois correspondant à un montant brut de 1,223 millions d'euros (salaire fixe et part variable), des indemnités contractuelles d'un montant brut de 4,893 millions d'euros et une indemnité de non concurrence sur 2 ans qui représente un montant mensuel brut de 101.917 euros (Ndlr soit 2,44 millions)", précise EADS dans son rapport annuel. En tout, EADS a payé plus de 8 millions d'euros à Noël Forgeard.
Antoine Zacharias, le président de Vinci, évincé en 2006
2006, la guerre des chefs fait rage à la tête du géant du BTP. Xavier Huillard promu directeur général du groupe en janvier par Antoine Zacharias, dénonce ouvertement la rémunération exorbitante de son président. Zacharias réclame la tête de son dauphin. Le conseil d'administration la lui refuse et le débarque. Non sans lui accorder un joli lot de consolation. Zacharias obtient une retraite chapeau de 2,2 millions d'euros par an (la moitié de son dernier salaire), plus une indemnité de départ de 13 millions d'euros.
Daniel Bernard, à la tête du groupe Carrefour, débarqué en 2005 pour mauvaises performances boursières
A la tête du groupe Carrefour depuis 1992, Daniel Bernard est finalement remercié en février 2005 compte tenu des mauvaises performances du groupe de distribution. Entre 2000 et début 2005 la capitalisation de Carrefour a fondu, l'action chutant de plus de 55%. Parallèlement, les comptes annuels de 2004 sont médiocres: baisse du résultat d'exploitation, du bénéfice net part du groupe et chute de la performance commerciale du distributeur sur son marché phare, la France.
Daniel Bernard est contraint de partir. Il emporte dans ses valises 9,8 millions d'euros correspondant à une indemnité pour non concurrence pendant quatre ans. L'ancien PDG de Carrefour va aussi bénéficier d'une retraite chapeau, dont le montant n'a pas été divulgué mais le distributeur a dû provisionner 29 millions d'euros dans ses comptes pour faire face à des versements jusqu'au 85 ans de Daniel Bernard. A l'époque des faits, ce dernier n'avait que 58 ans.
Jean-Marie Messier, poussé au départ en 2002 alors que Vivendi Universal croule sous les dettes
Jean-Marie Messier avait un rêve: créer le leader mondial des communications et de l'entertainment. Dès 1997, il acquiert frénétiquement toutes les entreprises qui lui permettraient d'atteindre ce but, et Vivendi Universal (VU) devient une constellation d'entreprises. Cette politique d'acquisition gourmande en cash ne semble pas inquiéter J2M. Pourtant les actionnaires ne l'entendront pas ainsi quand, en mars 2002, ils prennent effectivement conscience de la dette colossale du groupe: près de 30 milliards d'euros fin 2001. Jean Marie Messier est contraint à la démission en juillet 2002. Il laisse VU au bord de l'asphyxie, mais demande à toucher son indemnité de départ de 20 millions d'euros.


















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