Les raisons de la grève du jeudi 29 janvier sont nombreuses, diverses et peu variées. Le socle commun de revendications est très large. Dans leur déclaration commune, l'ensemble des syndicats français (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, FSU, Solidaires et Unsa) souhaitent "interpeller les entreprises, le patronat et l'Etat" sur la crise qui touche "les salariés dans leurs emplois et leurs revenus".

Ils demandent "des mesures urgentes" en faveur de l’emploi, des rémunérations des salariés, des retraités et des chômeurs ainsi que des politiques publiques intégrées dans une politique de relance économique. Les syndicats de la SNCF et de la RATP, comme ceux de la fonction publique d'Etat, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière, se joignent à ces revendications. D'autres réclamations se déclinent au cas par cas.

Les personnels de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Jeunesse et des Sports sont appelés à participer à la grève également pour s'opposer "aux suppressions de postes", pour une amélioration des salaires et des statuts, mais aussi pour la "revalorisation de leurs métiers" et pour "une école assurant la réussite de tous les jeunes". Les enseignants-chercheurs des universités protestent, eux, contre la réforme de leur statut et menacent de débuter une grève illimitée le 2 février.

Tous les syndicats de La Poste appellent à la grève contre la future transformation de l'entreprise en société anonyme. Les syndicats de France Telecom veulent, eux, mobiliser contre un éventuel autre plan de suppressions d'emplois.

Par ailleurs, les sections CGT, CFDT, FSU, Usaj-UNSA du ministère de la Justice, le syndicat de la magistrature (SM) et le syndicat des avocats de France (SAF) se mobilisent contre "le démantèlement du service public de la justice". L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a appelé les magistrats à s'associer à la journée.

L'Intersyndicale de Radio France refuse quant à elle tout plan social à RFI alors qu'un projet de suppression de 20% des effectifs est enclenché. A l'heure où commence la constitution du pôle Audiovisuel extérieur de la France dont RFI fera partie, l'intersyndicale défend aussi le maintien de l'indépendance politique, éditoriale et stratégique de la télé et de la radio publique internationale. Sans compter la reprise de la Convention Collective des personnels techniques et administratifs et l'harmonisation sociale sur la base des meilleurs accords d'entreprises existants. La grève touchera aussi la télévision publique dont les syndicats demandent également des garanties pour RFI (maintien de l'emploi, financement pérenne et dynamique…). Les arrêts de travail commenceront le 29 janvier à 00h00 et dureront 24 heures.

Face à la crise, l'Etat a misé sur un plan de relance par l'investissement, les grévistes demandent un plan par la consommation comme le prône le parti socialiste. La réponse de l'exécutif ne sait pas fait attendre. Nicolas Sarkozy est resté ferme, mardi 27 janvier à Châteauroux. "Dans une démocratie, c'est normal que les gens protestent, c'est normal qu'il y ait des débats (...) mais moi j'ai été élu pour conduire un pays de 65 millions d'habitants et je veux qu'on sorte de la crise plus forts qu'on n'y est entré", a affirmé le Président de la République.

Plus précis, le Premier ministre François Fillon a répété le soir même sur France 2 son hostilité à une relance par la consommation. Selon lui d'ailleurs, "la question de la consommation va pour une part être réglée" par la situation "historiquement basse" de l'inflation. D'après le Premier ministre, "c'est l'ensemble de l'économie qui s'effondrerait" si l'Etat ne consacrait pas "tous les moyens disponibles" à l'"amélioration des infrastructures" et de la "compétitivité" des entreprises, notamment automobiles. "Le rôle d'un gouvernement, c'est pas de faire des gestes, surtout dans une situation comme celle-là" avait ajouté le Premier ministre. Pour lui, la situation correspond à "la crise économique la plus grave qu'on ait connu depuis un siècle".