La défense de l'emploi, du pouvoir d'achat et des services publics a mobilisé. La participation aux 200 défilés a atteint entre 1,080 million de personnes, selon le ministère de l'Intérieur, et 2,5 millions de personnes, selon la CGT, une mobilisation comparable aux pics de participation aux défilés contre le CPE (2006), la réforme des retraites (2003) et même le "plan Juppé" (1995).

Plus de 26% des fonctionnaires étaient grévistes jeudi 29 janvier, a indiqué le ministère de la Fonction publique dans un communiqué. Au delà du noyau traditionnel des grévistes, la question est de savoir si le mouvement va déborder sur le secteur privé. Pour le moment, peu d'estimations sont connues.

Dans les banques. Environ 16% des salariés du Crédit Lyonnais (LCL) étaient en grève. Près de 101 agences du Crédit Lyonnais étaient fermées sur un total de 1.925, a précisé un porte-parole de la direction. Les directions ont compté 5,5% de grévistes à la Société Générale, et 8,95% dans le réseau des Caisses d'Epargne. Chez Dexia, où devrait être annoncé une restructuration vendredi, 23% des salariés ont débrayé, a indiqué la direction.

Chez les constructeurs automobiles. La direction de Renault a recensé 10% de grévistes en moyenne sur le personnel sur les sites industriels, et jusqu'à 16% à l'usine de Sandouville, près du Havre. "La production n'est pas bloquée" en France, a ajouté un porte-parole, précisant qu'il n'y avait "aucun mouvement" social sur les sites administratifs. PSA, dont la production est arrêtée à Poissy (Yvelines), Rennes et partiellement à Sochaux (Doubs), n'a pas fourni de chiffres.

Dans l'industrie. L'équipementier Alcatel-Lucent, sous le coup de suppressions de postes de cadres, a comptabilisé 5% de grévistes. Les sociétés à l'agenda social vierge ont évoqué des taux de grévistes "très faibles", à l'exemple de Total ou de Sanofi-Aventis. La direction de la Fnac a dénombré 3% de grévistes, Virgin 29 sur 1.300 collaborateurs.

Dans les entreprises publiques. Plus de 26% des salariés de France Télécom (de 35% à 42% selon Sud), près de 28% des postiers (plus de 40% selon les syndicats) et 33% des salariés d'EDF suivent également la mobilisation, selon les directions. A Radio France, le taux de grévistes était estimé à 30,13% à la mi-journée. Du côté des aéroports, environ 15% des contrôleurs aériens de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) étaient en grève.

Dans le service public. La plus forte mobilisation se retrouve au sein du ministère du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique. Le taux de grèvistes a atteint 51,9%, contre 49,3% le 20 novembre 2007. Au sein du ministère de l'Economie, de l’Industrie et de l'Emploi, le taux est de 39,7%, contre 20,2% le 20 novembre 2007. Dans l'Education nationale. quelque 47,92% des enseignants étaient en grève dans le primaire et 28,03% dans le secondaire, selon le ministère de l'Education. Le syndicat FSU annonce pour sa part 67,5% en primaire (SNUipp) et "pratiquement 60%" dans le secondaire (Snes). Selon le communiqué du ministère, 34,5% de l'ensemble des personnels de l'Education étaient en grève ce jeudi contre 39,1% le 20 novembre 2007.

A la SNCF. La grève était suivie dans la matinée par 36,7% des agents selon la direction et 41% selon la CGT. Lors de précédents mouvements interprofessionnels, la SNCF avait compté 24,9% de grévistes le 22 mai 2008 pour la défense des retraites, 27,7% le 28 mars 2006 contre le contrat première embauche (CPE) et 67% au plus fort du conflit de 1995 contre la réforme des régimes spéciaux de retraite et le plan Juppé sur la Sécurité sociale. Le trafic redeviendra normal vendredi matin.

Dans le secteur aérien. Environ 15% des aiguilleurs du ciel de la direction générale de l'aviation civile (DGAC) ont fait grève.

A la RATP. Le taux de gréviste s'élevait, selon la CGT, à 48% chez les conducteurs du métro et à 97% chez ceux des RER A et B. Aucun chiffre global n'était disponible ni auprès de la direction, ni de source syndicale.

Dans le secteur hospitalier. Le taux de grévistes à l'hôpital a doublé par rapport à la journée du 20 novembre 2007 contre la réforme des régimes spéciaux, selon le gouvernement, les principaux syndicats hospitaliers ayant voulu aussi exprimer leur opposition au projet de loi Bachelot sur la santé. Le taux de grévistes était de 21,3% jeudi en fin de matinée chez les fonctionnaires hospitaliers (infirmiers ou aide-soignants notamment), contre 10,9% le 20 novembre 2007, selon le ministère de la Fonction publique.