La crise financière et économique accentue les tentations protectionnistes des Etats et ce problème préoccupe tous les participants du Forum Economique de Davos (Suisse). La crise économique pourrait avoir le mérite de faire accélérer le dossier car les ministres du Commerce d'une vingtaine de pays-clés ont affirmé, samedi 31 janvier, qu'un accord sur la libéralisation du commerce mondial était possible en 2009.
Le cycle de négociations actuel a été lancé à Doha en 2001et n'a jamais abouti malgré les efforts du directeur général de l'Organisation mondiale (OMC) du commerce, Pascal Lamy, fin décembre.
La ministre suisse de l'Economie Doris Leuthard, qui organisait la rencontre, a souhaité devant la presse la tenue d'une réunion ministérielle à l'OMC avant le sommet du G20 du 2 avril à Londres, dans l'espoir que le commerce figure au menu de la rencontre qui doit être centrée sur la réforme du système financier international. Mais l'absence du secrétaire d'Etat américian au commerce qui n'a pas encore été nommé, a rendu l'exercice très formel. Washington n'était représenté que par Peter Allgeier, son ambassadeur auprès de l'OMC. Rien ne pourra donc concrètement venir avant l'été, le temps que l'administration américaine ajuste ses positions et que les élections prévues en Inde passent.
Ce sont, en effet, les pays émergents menés par l'Inde qui mettent en garde Américains et Européens contre toute tentation de retour en arrières des règles établies. Les pays du Sud ont fortement inspiré cette déclaration à Davos car ils craignent d'être les principales victimes d'une vague de protectionnisme, comme l'a souligné ministre brésilien des Affaires étrangères Celso Amorim ou encore le Premier ministre britannique Gordon Brown.
Les pays développés qui dépensent des milliards de dollars ou d'euros pour sauver leurs banques et soutenir leur économie vont avoir la tentation de concentrer l'effet de ces plans sur leur marché intérieur. "Les ministres sont inquiets car ils subissent une pression politique intérieure", a admis le directeur de l'OMC, Pascal Lamy lors d'une conférence de presse.
Les menaces de protectionnisme ont d'orès-et-déjà commencé à apparaître. Aux Etats-Unis, une clause protectionniste contenue dans le plan de relance de l'économie américaine a provoqué un tollé parmi les partenaires des Etats-Unis dont l'Inde qui domine le marché grâce à Arcelor Mittal. La mesure contenue le vaste plan américain prévoyait de protéger les sidérurgistes nationaux contre les importations d'acier étranger. Bruxelles avait évoqué la possibilité de porter plainte contre les Etats-Unis auprès de l'Organisation mondiale du commerce si la mesure était adopté par le Congrès. Mais, la Maison Blanche a cédé à la pression et a décidé de réexaminer cette clause, a expliqué le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs.
En France, le plan d'aide de 5 milliards d'euros à Airbus a également été suspectée de subventions portectionnistes à Davos. L'Etat prévoit de soutenir les clients d'Airbus qui font face à des problèmes de financement. Des tensions commerciales s'étaient aussi élevées entre la France et les Etats-Unis. Ces derniers avaient fortement les importations de roquefort en réponse à l'interdiction du boeuf aux hormones en Europe.
















